La CGSP Enseignement dénonce la vente d'un bâtiment de l'ULB à un pouvoir organisateur confessionnel

Bientôt une école musulmane à la place de l'ISTI? La CGSP fulmine
Bientôt une école musulmane à la place de l'ISTI? La CGSP fulmine - © Google street view

Connue pour sa défense sourcilleuse de l'enseignement officiel non confessionnel, la CGSP Enseignement de Bruxelles dénonce une opération immobilière impliquant la Fédération Wallonie-Bruxelles et l'ULB. Lors de l'intégration de l'ancien Institut Supérieur des Traducteurs et Interprètes (ISTI) dans l'ULB, la Fédération Wallonie-Bruxelles a cédé à l'Université les locaux situé rue Joseph Hazard, à Uccle, pour 1 euro symbolique.

Des bâtiments trop petits et vétustes

"C'est logique", explique Nicolas Dassonville, le porte-parole du recteur de l'ULB, Yvon Englert. "Les bâtiments font partie de l'intégration qui s'est effectuée en 2016. On transfère les activités en même temps que les locaux.Mais il s'est avéré que ce bâtiment de l'ex-Isti était trop exigü et plutôt vétuste, nécessitant une rénovation lourde. Nous avons donc décidé de rapatrier l'ensemble des activités sur le campus du Solbosch, moyennant des travaux pour agrandir certains de nos bâtiments."

Ce n'est pas cette opération-là que dénonce la CGSP. Mais bien le fait qu'au final, l'immeuble ucclois a été vendu et qu'il pourrait accueillir, dès la rentrée de septembre 2021, le "Collège de Bruxelles", un établissement d'enseignement de confession musulmane. 

"Le soutien matériel qu'apporterait l'Université Libre de Bruxelles à ce projet est interpellant", écrit la secrétaire interrégionale de la CGSP Enseignement, Valérie Denayer, dans un courrier du 14 janvier adressé au Recteur et au Président du CA de l'ULB. "Non seulement en raison des positions philosophiques historiques de votre institution, mais également du fait que celle-ci s'est également engagée dans le développement d'écoles non confessionnelles à Bruxelles (...)" 

La pilule est d'autant plus dure à avaler pour le syndicat socialiste que, dans le contexte démographique bruxellois, l'enseignement officiel a cruellement besoin de nouveaux locaux. La CGSP dit avoir attiré l'attention du Ministre de l'enseignement supérieur de l'époque, Jean-Claude Marcourt, au sujet de cette opération d'intégration. 

Une simple opération immobilière, pour l'ULB

L'explication des autorités de l'ULB est différente. A partir du moment où la décision de rassembler les activités de traduction et d'interprétariat sur le campus du Solbosch a été prise, il n'y avait plus guère de sens à conserver les bâtiments de la rue Hazard. La vente de ces bâtiments permettait en outre de financer les travaux nécessaires pour accueillir dans de bonnes conditions les étudiants de l'ex-Isti au Solbosch. 

"L'ULB a vendu le bâtiment en négociant la possibilité d'y rester le temps que les travaux au Solbosch soient terminés", contextualise Nicolas Dassonville. "Nous avons vendu à un promoteur privé, au mieux de nos intérêts, et sans poser de conditions à propos de la future affectation des lieux. A l'époque, l'acquéreur n'avait du reste pas de vision claire sur la destination qu'il comptait donner à ces bâtiments", conclut le porte-parole du Recteur. 

L'ULB nous a assuré avoir fourni ces explications à la CGSP-Enseignement. Un courrier que le syndicat affirme, lui, ne jamais avoir reçu. 

 

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