La bourgmestre de Molenbeek, Catherine Moureaux, a-t-elle raté sa première sortie médiatique?

Sortie médiatique ratée pour catherine Moureaux?
Sortie médiatique ratée pour catherine Moureaux? - © Thierry Roge - Belga

Toute nouvelle bourgmestre de Molenbeek, Catherine Moureaux ne s'était pas encore exprimée dans les médias au sujet des incidents de la nuit du Réveillon de l'an dans sa commune. Profitant de son silence, des voix s'étaient élevées pour critiquer le manque d'effectifs policiers sur le terrain et l'absence de la bourgmestre, à l'étranger au moment des faits.

Le choix de la VRT

Pour livrer son analyse des événements, Catherine Moureaux n'a pas choisi la facilité. Elle a accepté de répondre aux questions du magazine de la VRT "Ter Zake", qui plus est en néerlandais, une langue qu'elle ne maîtrise qu'imparfaitement. Le début de l'interview est plutôt convaincant. Catherine Moureaux rappelle que la commune de Molenbeek a porté plainte et s'est constituée partie civile contre les casseurs.

Elle récuse toute espèce d'impunité et espère qu'une enquête approfondie permettra de sanctionner les auteurs de vandalisme. La bourgmestre souligne qu'elle n'était au pouvoir que depuis trois semaines et justifie son besoin de prendre des vacances juste après le décès de son père, ce qui explique son absence lors du réveillon. Concernant le dispositif de maintien de l'ordre, Catherine Moureaux compare les 80 policiers mobilisés le 31 décembre 2018 avec les 46 agents sur le terrain un an plus tôt. Il y avait donc des effectifs suffisants.

Elle admet toutefois que les deux premières patrouilles qui sont intervenues au début des incidents n'étaient pas suffisantes et que les renforts ne sont arrivés qu'une demi-heure plus tard, alors que trois magasins avaient déjà été saccagés.

Clouée au pilori

Mais les adversaires politiques de Catherine Moureaux et de son parti passent volontiers sous silence cette partie de l'interview. Comme la secrétaire d'état bruxelloise Bianca Debaets (CD&V) ou le "sniper" montois du MR, Georges-Louis Bouchez, ils concentrent leurs tirs sur la partie probablement la plus maladroite de l'entretien. Quand la bourgmestre de Molenbeek tente de relativiser la gravité des incidents sur le mode "c'est une manière de faire la fête, y compris à l'étranger dans des pays comme l'Allemagne, le Danemark ou la France", elle s'expose évidemment aux railleries et aux quolibets de ses adversaires.

Qui ne retiennent volontiers de ses propos que le passage dans lequel Catherine Moureaux parle d'organiser des concerts pour éviter que les jeunes ne mettent sur pied leur propre fête, parce qu'ils correspondent à l'image de laxisme et d'angélisme que la famille Moureaux traîne comme un boulet depuis de nombreuses années. Le néerlandais approximatif de ce passage de l'interview donne du grain à moudre à ceux qui, dans l'opinion publique flamande et dans le milieu politique, n'attendaient que cela pour jeter le discrédit aussi bien sur sa politique que sur sa personne.

Au final, l'intervention de la nouvelle bourgmestre de Molenbeek ne modifiera sans doute pas la perception négative qu'en avaient ceux qui, de toute façon, n'étaient pas disposés à lui accorder le moindre crédit. Mais elle aurait sans doute moins prêté le flanc à la critique si Catherine Moureaux avait choisi de s'exprimer avec toutes les nuances que permet la maîtrise de sa langue maternelle.

La réaction de Georges-Louis Bouchez sur Twitter

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