La police a-t-elle fait preuve de brutalité injustifiée lors des interventions en marge de "la Boum 2" ce 1er mai ?

Ce week-end du premier mai, parallèlement à la seconde édition très commentée de l’événement "la Boum", les internautes ont découvert plusieurs vidéos dénonçant les actes commis par les policiers sur les réseaux sociaux. Elles montrent, par exemple, une dame se faire asperger de spray lacrymogène ou encore un groupe de piétons matraqué par des agents. Selon une enquête de la police ces interventions étaient "légitimes".

Cette femme, dont les yeux ont souffert du gaz projeté par les policiers, c’est Virginie Van Lierde, du collectif "Trace ton cercle". "Ils courraient vers mois et vers les personnes qui étaient derrière moi, que je ne connaissais pas. Je me suis retournée vers lui en lui disant : 'Mais enfin, je suis une mère.' Et c’est à ce moment-là qu’il m’a gazée mais je n’ai en aucun cas été agressive avec lui", se souvient-elle.

Une enquête de la police

Devant le raz de marée de réactions négatives engendré par ces images, la zone de police Bruxelles-Ixelles avait promis une enquête. Trois jours après l’événement dont le bilan est de 132 arrestations, les résultats ont été communiqué ce matin.

Il en ressort que les forces de l’ordre ne remettent pas en cause la légitimité de l’intervention dont Virginie a été la cible, ni celle du matraquage.


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"Refus de reculer"

La police a conclu qu’une intervention ayant eu lieu vers 19h, chaussée de Waterloo, durant laquelle plusieurs personnes ont été aspergées de gaz lacrymogène, était légitime. "Suite à une manœuvre de refoulement d’un groupe d’individus agressifs n’ayant eu de cesse d’envoyer des projectiles de diverses natures à l’encontre des policiers, un de nos collaborateurs s’est retrouvé pris à partie par six membres dudit groupe. Il leur a demandé à plusieurs reprises de garder leur distance, et a indiqué qu’à défaut il procéderait à l’usage de gaz lacrymogène dans le but d’assurer sa sécurité", a expliqué la zone de police. "Seul et ses injonctions n’ayant pas été suivies malgré leur caractère répétitif, il mettra à exécution sa menace […]"

Pour le cas précis de la représentante du collectif qui vient en soutien aux jeunes impactés par les mesures Covid, la police précise : "La particulière refusant de reculer et continuant à avancer vers le policier, celui-ci lui a demandé de reculer afin d’assurer une distance de sécurité entre eux, il fera usage de gaz lacrymogène."

La police a conclu qu’une autre intervention, vers 20h30, avenue du Pesage, durant laquelle plusieurs jeunes ont été arrêtés administrativement, était elle aussi légitime. Selon la police, ceux-ci se sont montrés agressifs physiquement et verbalement à l’égard des policiers, alors que ces derniers avaient tenté de les interpeller après les avoir vus s’en prendre à un particulier.


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"Aujourd’hui, c’est difficile d’en vouloir à ces policiers qui étaient dans le bois depuis deux ou trois heures, qui étaient fatigués, qui étaient stressés. On le voit bien sur la vidéo que ce policier est complètement hagard. Je pense vraiment que policiers et citoyens se sont retrouvés dans un choix politique qui n’aurait pas dû être posé", plaide pour sa part Virginie, qui renvoie la balle aux autorités.

 

Bois de la Cambre : La Boum 2 (JT 02/05/2021)

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