Toujours confrontée à la question du harcèlement, l'ULB cherche des solutions

Les deux professeurs en dentisterie restent suspendus
Les deux professeurs en dentisterie restent suspendus - © David Stockman - Belga

Le dossier de harcèlement en dentisterie à l’ULB suit son cours. Les deux enseignants suspendus à la suite d’une enquête du Bureau des Etudiants en Médecine auprès d’une centaine d’étudiants en sciences dentaires ont vu leur suspension prolongée le temps de la deuxième session. L’enquête en question avait mis en évidence une série de cas de harcèlements, d’insultes et de comportements arbitraires dans le chef d’une série de professeurs et d’assistants envers certains étudiants. Alerté, le rectorat de l’ULB a ouvert une enquête disciplinaire, confiée à deux vices-recteurs. Elle est toujours en cours mais touche à sa fin.

Un ombudsman pour le harcèlement

En attendant l’issue de la procédure disciplinaire, le recteur, Yvon Englert, propose de mettre sur pied une structure indépendante au sein de l’ULB. Il s’agirait d’une sorte d’ombudsman capable d’écouter les étudiants en toute confiance et de mener des enquêtes, de manière à résoudre les problèmes mis en lumière en dentisterie, mais qui sont loin de se limiter à cette seule faculté. Ce travail est mené en commun avec les étudiants, précise le porte-parole du recteur.

Rappelons que les syndicats de l’ULB se sont eux aussi manifestés pour dénoncer des problèmes de harcèlement entre membres du personnel, notamment au sein de la Solvay Business School.

L'enquête des étudiants-administrateurs pas rendue publique

Dans la foulée des faits révélés en dentisterie, le BEA (Bureau des Etudiants Administrateurs) a pris l'initiative d'envoyer un courriel à l'ensemble des étudiants pour les inviter à s'exprimer via un questionnaire sur une plateforme en ligne. Comme le relèvent les administrateurs de l'ULB dans le PV du CA du 09/07 que nous avons pu consulter, la plateforme "n'était (...) ni clairement identifiable, ni sécurisée (n'importe qui pouvait s'y connecter et répondre au questionnaire). Dès lors, les deux étudiantes à l'origine de cette initiative n'en ont pas divulgué les résultats. Malgré cette fragilité méthodologique, ces derniers sont suffisamment robustes pour affirmer que de réels problèmes existent dans l'ensemble des facultés de l'institution et que des dispositions doivent être prises en conséquence."

Procédures inopérantes et défiance envers les structures

Les responsables de l'ULB réalisent que les procédures actuelles ne fonctionnent pas. Les avis pédagogiques qui permettent aux étudiants d'évaluer la qualité de l'enseignement dispensé par les professeurs et autres chargés de cours ne permettent pas de rapporter des faits de harcèlement. En outre, relèvent les administrateurs, les étudiants "n'ont pas confiance dans les structures actuelles. Ils ne se confient ni au Vice-Recteur en charge des affaires étudiantes, malgré son engagement à garantir la confidentialité des échanges, notamment dans le cadre de la procédure en cours, ni aux personnes relais qui leur sont dédiées. La question est donc de savoir comment créer un espace sécurisé où les étudiants peuvent s'exprimer librement, en toute confiance, et leur garantir que rien ne sera entrepris sans leur consentement."

Une administratrice relève en outre qu'un des problèmes constatés par le BEA est que les étudiants "ne se rendent pas forcément compte que certains comportements sont inadmissibles. Ils dénoncent des faits en précisant qu'ils ne savent pas s'ils sont graves ou non, alors qu'ils le sont bel et bien. D'aucuns trouvent normal de se faire maltraiter."

Il reste donc pas mal de travail à accomplir pour lutter contre une certaine "culture du harcèlement" au sein de l'université bruxelloise. 

Archives : Journal télévisé 04/06/2019

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