L'OTAN déménage à Bruxelles et ça fait... plus de 128 000 caisses !

Le nouveau siège de l'OTAN à Evere occupe l'équivalent d'environ 35 terrains de football
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Le nouveau siège de l'OTAN à Evere occupe l'équivalent d'environ 35 terrains de football - © JOHN THYS - AFP

C'est ce qu'on appelle un énorme déménagement. L'OTAN, l'organisation internationale de défense dont la Belgique est membre, a commencé son transfert de l'ancien vers le nouveau siège. Des emplacements qui se font face, de part et d'autres du boulevard Léopold III, et pourtant l'opération n'a rien d'anecdotique.

L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord compte environ 4000 personnes au sein de son siège bruxellois qui se trouve à Haren, à la limite avec Evere. Le déménagement va durer 12 semaines, à raison 6 jours sur 7, "parce qu'il faut y aller de manière progressive, à raison de 250 personnes par semaine", explique Camille Grand, l'un des responsables français de l'OTAN. "On ne peut pas déménager tout et tout le monde d'une seule traite, simplement parce que les opérations de l'OTAN ne peuvent s'arrêter. Par définition, l’organisation doit en permanence poursuivre ses activités"

Des caisses qui doivent montrer patte blanche

Le nombre de caisses prévu a d'ailleurs de quoi donner le tournis. "Ce sont 128.000 caisses qui doivent être remplies par le personnel de l'OTAN", précise le responsable. "Mais elles sont vidées et réutilisées au fur et à mesure, ce qui permet d'en limiter le nombre et de diminuer la pollution". Par contre, ces caisses devront aussi se soumettre au régime de sécurité très stricte de l'OTAN, digne d'un aéroport selon Camille Grand. "Toutes ces caisses vont être scellées. Il y a aussi des documents que nous n'avons pas le droit de mettre dans des caisses pour raison de sécurité et qui devront être transportés de manière séparée. Enfin, les 7 kilomètres d'archives que compte l'OTAN vont aussi bénéficier d'une procédure propre et très rigoureuse pour éviter que des documents sensibles ou confidentiels puissent se perdre dans le mouvement".

Des ailes ou des mains qui couvrent 35 terrains de foot

Tout ce petit monde va investir l'énorme nouveau siège qui se trouve de l'autre côté de la rue. Un siège à 1,1 milliard d'euros, sensé représenter des mains qui se croisent, symbole d'unité des 29 pays membres. Certains y voient aussi des ailes qui seraient posées sur le sol. L'espace a en tout cas de quoi donner le tournis avec ses 250.000 m², soit l'équivalent d'environ 35 terrains de football.

"Il sera divisé en quatre grandes zones. D'un côté, les huit "ailes" -longues ou courtes- accueillent les bureaux de l'organisation et des délégations de chaque pays membre. C'est là que nous allons travailler. Ensuite, il y a un espace de conférence, une quinzaine de salles qui peuvent accueillir de quelques dizaines à quelques centaines de personnes et qui sont très utiles puisqu'une grande partie de notre travail consiste à organiser des réunions avec les alliés ou nos partenaires. Tout cela est relié par ce qu'on appelle l'Agora, une sorte de gros couloir central qui est au croisement de ces deux main et par où on devra tous passer pour aller d'un endroit à l'autre. Enfin, un dernier bâtiment est séparé du principal. Il comprend notamment un restaurant et une salle de sport où l'on peut aller se détendre entre deux réunions".

Un avenir de bureaux ?

Si tout va bien, tout le monde aura rejoint le nouveau bâtiment fin juin. L'ancien siège vide sera alors rendu à la Belgique qui est propriétaire des lieux. Le gouvernement fédéral n'a pas encore décidé à quoi il sera affecté et en quoi il va être reconverti. L'OTAN aimerait pouvoir l'ouvrir et le faire visiter au public juste après le déménagement. "C'est un lieu qui fascine, notamment les Bruxellois, tout simplement parce que cela fait 50 ans qu'il est là et que l'on n'y a pas théoriquement pas accès", ajoute Camille Grand. "Il a aussi un côté vintage puisqu'il date essentiellement des années 60 et 70". Et lorsqu'on lui demande si certains bâtiments sur place prennent l'eau ? "Cela dépend où", répond l'homme avec un sourire en coin. "On a un site qui a son âge. Il devra de toutes façon être remis aux normes actuelles si les autorités belges veulent en faire un complexe de bureaux". Un réponse de diplomate... c'est vrai que l'opération de déménagement est toujours en cours. 

En tout, ce déménagement va coûter quelque 1,3 million d'euros à l'OTAN et ses pays membres. Il mobilise plusieurs entreprises de déménagement et des quelque centaines de leurs ouvriers encore pour quelques semaines. "Ce qui explique peut-être que des Bruxellois ont du mal à trouver des bras en ce moment dans la région pour assurer des déménagements privés. On s'en excuse", conclut le responsable français.

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