L'Open VLD torpille la tirette hommes-femmes pour les régionales à Bruxelles

Els Ampe, cheffe de groupe VLD au Parlement bruxellois
Els Ampe, cheffe de groupe VLD au Parlement bruxellois - © Thierry Roge - Belga

C'est un peu la surprise du chef. Alors que le débat en commission s'était déroulé sans anicroche et conclu par l'adoption du texte par 14 voix pour et une abstention, l'ordonnance spéciale instaurant la tirette hommes-femmes (ou femmes-hommes) sur les listes pour les élections régionales à Bruxelles a été recalée ce vendredi en séance plénière.

72 voix pour sur 89...mais rejetée

S'agissant d'une ordonnance spéciale, elle requiert une majorité des deux-tiers des 89 députés bruxellois ainsi qu'une majorité simple dans chaque groupe linguistique. Tout se déroule comme prévu, jusqu'à l'intervention de la cheffe de groupe Open VLD, Els Ampe. La libérale flamande annonce que les 5 députés de son groupe voteront avec plaisir l'ordonnance instaurant la parité intégrale, pour autant que les autres partis adoptent la suppression de l'effet dévolutif de la case de tête. Or, sur ce point, Els Ampe le sait, il n'y a pas de consensus. Si l'Open VLD met sa menace à exécution, la proposition d'ordonnance sera rejetée: outre les 5 élus VLD, les 3 députés N-VA et le seul élu Vlaams Belang - soit neuf députés flamands sur 17 - sont également contre la mise en place de la tirette hommes-femmes.

Pour Els Ampe, "les deux dossiers sont intimement liés. Il faut avoir un système où il y autant de chances pour les hommes et pour les femmes qui se présentent sur les listes. Et le problème de l'effet dévolutif de la case de tête, c'est que ça perturbe l'égalité des chances entre les candidats."

Une analyse que ne partage pas la cheffe de groupe Ecolo, Zoé Genot. "Là franchement, on mélange deux débats. Et clairement, on tire contre les femmes parce que (...) si on supprime l'effet dévolutif de la case de tête, de fait on retire quatre femmes à cet hémicycle".

Une vengeance du VLD?

Comment expliquer ce revirement du VLD? Sans doute s'agit-il d'une mesure de représailles contre le futur vote d'une proposition d'ordonnance instaurant le décumul intégral entre un mandat de député régional et un poste dans un exécutif communal (bourgmestre, échevin, président de CPAS). Un décumul auquel le VLD est allergique et qui risque fort d'être adopté en utilisant un mécanisme prévu dans le dispositif institutionnel bruxellois: faute de majorité dans l'un des groupes linguistiques, une proposition d'ordonnance peut être à nouveau soumise au vote du Parlement à l'issue d'un délai de 30 jours. A ce moment-là, le texte est adopté avec seulement un tiers des élus du groupe linguistique qui l'avait initialement rejeté. Une sorte de "bombe atomique institutionnelle" aux yeux de certains partis flamands, encore jamais utilisée jusqu'à présent. L'attitude des libéraux flamands dans le dossier "parité hommes-femmes" a sans doute fait voler en éclats les dernières réticences francophones de recourir au mécanisme dit "du refroidissement" dans le dossier "décumul intégral". 

 

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