Deliveroo: la direction ne rencontrera les coursiers que s'ils cessent l'occupation

Le collectif souhaite rencontrer la direction pour discuter d'un statut de salarié pour les travailleurs qui ne veulent pas du statut d'indépendant, et d'une garantie de salaire horaire minimum.
Le collectif souhaite rencontrer la direction pour discuter d'un statut de salarié pour les travailleurs qui ne veulent pas du statut d'indépendant, et d'une garantie de salaire horaire minimum. - © Belga

Plusieurs membres du collectif des coursiers de Deliveroo occupent depuis mercredi soir le bâtiment de la société Deliveroo à Ixelles. Les coursiers demandent que la direction négocient sur le salaire minimum. Deliveroo veut bien organiser une réunion avec le CEO Mathieu De Lophem, mais à condition que les coursiers quittent le bâtiment.

"Depuis des mois, Deliveroo est en contact avec le collectif est reste ouvert au dialogue, tant que les militants souhaitent collaborer de manière constructive", indique-t-on chez Deliveroo. "Nous confirmons qu'une réunion avec Mathieu De Lophem pourra se tenir lorsqu'ils auront quitté le bâtiment, permettant au personnel de travailler en toute sécurité."

Les travailleurs peuvent entretemps travailler dans une autre implantation. L'action n'a donc aucun impact sur l'activité de l'entreprise.

Les coursiers qui occupent le bâtiment disent ne pas avoir été informés de la possibilité d'une réunion avec le CEO et ne veulent pas céder. "Nous proposons à Mathieu De Lophem de venir en personne et nous ferons la réunion ici", a répondu Douglas Sepulchre, porte-parole du collectif des coursiers.

A partir du 31 janvier, les coursiers à vélo de Deliveroo devront passer sous statut indépendant et ne pourront plus être payés via la coopérative Smart.

"Deliveroo a décidé de donner aux coursiers le travail flexible qu'ils réclament. La popularité de ce modèle est confirmée par le fait que 250 personnes ont postulé hier (mercredi) chez Deliveroo", explique la société de livraison de repas.

Ecolo demande une médiation au ministre Peeters

Ecolo "regrette vivement cette décision et demande que les discussions reprennent dans les plus brefs délais, d'autant que des négociations sont en cours et des pistes de solution existent". Le parti souhaite que le ministre de l'Emploi, Kris Peeters, mette en place une médiation avec les acteurs concernés.

"Nous avons en effet reçu la semaine dernière les coursiers, avec leurs représentants CSC-CNE, que nous revoyons cet après-midi (jeudi), et la direction de Deliveroo lundi dernier", a rappelé Gilles Vanden Burre, député fédéral Ecolo.

"Des discussion approfondies sont bien en cours et notre conviction est qu'une solution est possible afin de garantir des conditions de travail décentes aux livreurs de Deliveroo. Une des pistes envisagées est la conclusion d'une convention collective de travail (CCT) s'appliquant à l'ensemble du secteur des coursiers à vélo".

Les coursiers et leurs représentants ont un entretien ce jeudi après-midi au cabinet du ministre Peeters.

"En attendant les conclusions des inspections en cours, le ministre Peeters ne peut rester les bras croisés alors que les nouvelles conditions de travail seront imposées la semaine prochaine. Nous lui demandons donc de mettre en place une médiation avec l'ensemble des acteurs concernés afin de laisser le temps à une solution structurelle de se mettre en place, en ligne avec des conditions de travail dignes du 21e siècle", conclut Gilles Vanden Burre.

Rappel des faits :

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