L'auditrice du Conseil d'Etat donne raison aux opposants à la prison de Haren

La méga-prison de Haren pourrait avoir du plomb dans l'aile
La méga-prison de Haren pourrait avoir du plomb dans l'aile - © Tous droits réservés

Ce n'est encore qu'un avis, pas la décision finale. Mais quand on sait que les magistrats du Conseil d'Etat suivent très souvent l'avis de l'auditeur/trice, le concessionnaire de la future méga-prison de Haren a du souci à se faire. Au terme d'un très long raisonnement développé sur 150 pages, l'auditrice conclut en effet à l'annulation du permis d'urbanisme et du permis d'environnement octroyés à Cafasso, le consortium chargé de financer, concevoir, construire et assurer la maintenance de la prison.

Du plomb dans l'aile

De nombreuses associations et des riverains s'opposent, depuis le début, à ce projet d'établissement pénitentière de 1190 places à construire sur le site arboré du Keelbeek à Haren, aux confins de la Région bruxelloise. De tous les arguments avancés à l'appui du recours en annulation (un premier recours en suspension a été rejeté), l'auditrice retient notamment la "motivation indigente" à propos de l'impact du projet sur la mobilité alentours. Le concessionnaire a pourtant déjà modifié plusieurs fois ses plans pour répondre aux demandes et aux objections des autorités publiques. Fort d'un permis d'urbanisme délivré le 24 décembre 2016 et d'un permis d'environnement en sa possession depuis le 09 mars 2017, Cafasso s'apprêtait à entamer le chantier à la fin du mois de mars- début avril.

Des travaux avancés

Or, selon le site même du maître d'ouvrage, la Régie (fédérale) des Bâtiments, les travaux seront avancés à la fin de ce mois de janvier. Cela même alors que Cafasso est en possession de l'avis négatif de l'auditrice du Conseil d'Etat depuis plusieurs semaines. Bien sûr, un recours devant la haute juridiction administrative n'a pas d'effet suspensif. Mais les opposants voient dans l'anticipation du chantier une volonté dans le chef du concessionnaire de pratiquer la politique du fait accompli. Le Conseil d'Etat jugera-t-il encore pertinent d'annuler le permis si d'importants travaux de terrassement et de fondations ont déjà été effectués, se demandent-ils. La plateforme d'associations et de riverains opposés au projet exigent le report du début des travaux après l'arrêt du Conseil d'Etat. Les signataires estiment que tant le gouvernement fédéral que la région bruxelloise et la Ville de Bruxelles disposent des moyens politiques et juridiques nécessaires pour contraindre le concessionnaire à arrêter le chantier.

Archives: Journal télévisé 20/05/2015

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