L'ancien directeur du Centre pour l'Egalité des chances tient des propos polémiques sur Molenbeek et l'homosexualité

Les homosexuels qui veulent se tenir par la main en rue doivent-ils adapter leur comportement en fonction des quartiers où ils se promènent ? C’est, en substance, ce que laisse entendre l’ancien directeur du Centre pour l’Egalité des Chances, Johan Leman, par ailleurs président d’une asbl à Molenbeek.

Le propos a suscité la polémique. Il fait suite aux déclarations d’un journaliste gay de la VRT. Rihad Bari se plaignait de ne pas pouvoir se promener main dans la main avec son compagnon dans les rues de sa commune, Molenbeek, sans être insulté ou pris à partie.

Des propos ambigus

Le propos est ambigu. Ce serait aux personnes homosexuelles de changer de comportement plutôt qu’aux personnes homophobes de changer de point de vue. Ce n’est sans doute pas ce qu’a voulu dire Johan Leman en parlant de Molenbeek et de la fraction de sa population censée rejeter les homosexuels. Sur le fond, ce que décrit l’ancien directeur du Centre pour l’Egalité des Chances correspond à la réalité : les couples gay et lesbien ne peuvent pas s’afficher tels quels en rue à Bruxelles sans risquer une agression physique ou verbale. Mais pour Oliviero Aseglio, porte-parole de la Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles, Molenbeek n’est pas plus dangereuse qu’une autre commune.

"Il ne faut pas pointer du doigt Molenbeek, qui a déjà été beaucoup stigmatisée ces dernières années et qui est devenue une sorte d’épouvantail, l’endroit où il ne faut pas aller, la "no go zone" bruxelloise. Molenbeek n’est pas plus dangereuse que d’autres communes bruxelloises pour les personnes homosexuelles. D’ailleurs, c’est plutôt le centre qui regroupe la majorité des agressions. Et donc, oui, il faut absolument qu’en 2019 et dans le futur, les personnes homosexuelles, les personnes trans et les personnes bisexuelles, etc. puissent vivre dignement dans leur ville.

Associer religion musulmane et homophobie est une idée reçue, estime Oliviero Aseglio. Le profil type des agresseurs homophobes, c’est un groupe de jeunes entre 18 et 30 ans, agissant la nuit contre des personnes inconnues, à la sortie des lieux de fêtes.

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