"Madame Chapeau" quittera bientôt la galerie Matonge, après 55 ans: "A l'époque, il n'y avait que des Européens"

Matonge, situé dans la commune d’Ixelles, est le plus important quartier commerçant africain de Bruxelles. Au cœur de la galerie commerçante hors du commun, une personnalité qui sort du lot. Elle s’appelle Jacqueline Diependaele, mais ici tout le monde l’appelle : Madame Chapeau.

La galerie a changé mais Jacqueline n'a jamais voulu partir

"J’avais répondu à une petite annonce qui cherchait une vendeuse sachant coudre. J’ai été engagée et au début, je ne vendais que des chapeaux et puis j’ai commencé à faire des retouches " explique Jacqueline lorsque nous la rencontrons au premier étage de son magasin. Cette dame aux cheveux blancs et aux yeux clairs est installée derrière sa machine à coudre "singer". Cela fait 55 ans qu’elle est là.

Une "institution" dans cette galerie marchande qui a bien changé depuis son arrivée. "A l’époque, il n’y avait que des Européens et à chaque fois qu’un Européen quittait la galerie, c’était repris par un Africain. C’est devenu une galerie africaine. Je suis la dernière belge, la dernière blanche ", continue Jacqueline, surnommée par tous " Madame Chapeau ". Pour ses voisines de la galerie, elle est tout simplement une noire à peau blanche, différente à l’extérieur mais semblable à l’intérieur.

L'ambiance africaine, elle aime ça !

Il faut dire que l’ambiance africaine, elle aime cela ! C’est d’ailleurs ici que Madame Chapeau a rencontré son mari, il y a bien longtemps. Il était venu faire des retouches sur un pantalon. Entre les coiffeuses et les boutiques de tissus, Jacqueline se sent bien ! "Certaines personnes me disaient qu’elles ne sentiraient pas à l’aise ici, mais si j’ai survécu 55 ans, c’est qu’il n’y avait pas plus de problème qu’ailleurs. Et puis, ajoute-t-elle, j’aimais mon travail !".

Pourtant dans deux semaines, l’heure de la retraite sonnera et Jacqueline fermera alors, définitivement sa boutique. Reviendra-t-elle parfois ? Sans doute de temps en temps, pour son propre plaisir mais surtout pour l’ambiance, la musique et la couleur des tissus, tout ce qui aura rythmé son quotidien pendant plus d’un demi-siècle.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK