Ixelles: les arbres du campus de la Plaine abattus

La loi ne permet pas d'abattre les arbres durant la période de nidification. D'où le début des travaux planifié pour le 18 août...
La loi ne permet pas d'abattre les arbres durant la période de nidification. D'où le début des travaux planifié pour le 18 août... - © RTBF

Le projet immobilier sur le campus de la Plaine suit son cours. Les arbres ont été abattus ce mardi et le terrassement pourra bientôt commencer.

Pour rappel, un promoteur privé (Immobel) veut construire des logements plutôt haut de gamme sur cet ancien terrain de l’ULB, qui est considéré comme le plus grand espace vert d'Ixelles. Un comité de citoyens et d’étudiants conteste depuis des mois le permis octroyé au promoteur.

Un abattage prématuré

Tibor Van Cutsem, membre du Comité "Sauver la Plaine", estime que cet abattage est "prématuré parce qu'une procédure de contestation est toujours en cours. On a un dossier qui est ouvert au Conseil d’État. Immobel devrait geler les travaux jusqu’à ce que la lumière soit faite. Une marche arrière est impossible à partir du moment où on détruit complètement des sols et où on abat des arbres."

Le promoteur ne voit pas les choses de la même façon. Jean-Louis Mazy, pour Immobel, précise "que les arguments ont été analysés sereinement par le Conseil d’État dans une procédure en extrême urgence. Nous sommes tout à fait sereins par rapport à cela et il n’y a aucune raison d’arrêter les travaux."

Un "non-sens social et écologique"

Les défenseurs de la Plaine jugent ce projet antisocial et destructeur pour l’environnement.

Tibor Van Cutsem estime qu’il est "inadmissible qu’on construise de tels logements à cet endroit quand on sait que la commune d’Ixelles a besoin de logements sociaux et de logements étudiants. En plus, cette zone est à haute valeur écologique alors qu’on a des problèmes de pic de pollution. On a vraiment besoin de garder ce genre de terrain."

Le promoteur se défend de vouloir bétonner l'ensemble de la Plaine. Jean-Louis Mazy affirme qu’"il y aura effectivement un espace de deux hectares qui sera maintenu. Ce ne sera pas simplement une pelouse verte. Elle tiendra compte de toutes les recommandations de l’université pour maintenir ce biotope."

En matière de logements, Immobel estime aussi avoir fait un pas dans la direction des contestataires. Le promoteur s'engage à construire, en plus du bâtiment prévu initialement, un deuxième bâtiment de kots pour étudiants. Pour le comité, c’est une victoire. "Si du moins Immobel va dans cette direction-là. Maintenant, il y a vraiment un besoin criant de logements étudiants sur la Plaine. Il faut aussi que ce soit proposé à un prix attractif." Sur ce point, Tibor Van Cutsem reste réservé.

Des travaux en plein blocus

Le comité "Sauver la Plaine" adresse un autre reproche à Immobel: celui d’avoir lancé les opérations en plein blocus. Les étudiants sont importunés par le bruit des travaux. "Ça permet aussi aux gérants du projet d’éviter que les étudiants qui sont dans le comité puissent réagir. C’est beaucoup plus difficile de mobiliser les étudiants quand ils sont en examen", ajoute Tibor Van Cutsem.

Pour Jean-Louis Mazy, "c’est tout simplement l’application de la loi. En Région bruxelloise, on ne peut pas abattre des arbres entre le 15 avril et le 15 août pour protéger la nidification. La première période pendant laquelle on pouvait commencer les travaux c’était le 18 août." Il n’est donc pas question d’agenda malhonnête, selon Immobel. Mais, le bras de fer entre le comité "Sauver la Plaine" et Immobel n’est pas terminé.

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