Hospitalisation: les Cliniques de l'Europe réduisent leurs suppléments d'honoraires

Hospitalisation : les Cliniques de l'Europe réduisent leurs suppléments d'honoraires
Hospitalisation : les Cliniques de l'Europe réduisent leurs suppléments d'honoraires - © ERIC LALMAND - BELGA

C'est le premier hôpital privé de Bruxelles à le faire. Les cliniques de l'Europe diminuent volontairement les suppléments d'honoraires que peuvent demander les médecins aux patients qui optent pour une chambre individuelle, et uniquement à ceux-là. Ces suppléments, très controversés, sont limités à 300% par certains hôpitaux qui s'imposent ce pourcentage. Mais sur les deux sites des Cliniques de l'Europe (St-Michel à Etterbeek et Ste-Elisabeth à Uccle), dès janvier 2019, les médecins s'imposeront de facturer au maximum 200% de suppléments. 

"Il y a un peu partout, et particulièrement en Région bruxelloise, une paupérisation progressive de la patientèle, constate le directeur médical Yvan De Meeûs. Pour ne pas laisser la porte ouverte à une médecine à deux vitesses, nos médecins ont pris conscience qu'ils devaient d'avantage essayer de trouver des marges sur la qualité des soins, et moins sur les suppléments d'honoraires."

Changement de cap, donc, pour cet établissement hospitalier qui figure parmi les plus chers du pays. "Le message général, enchaîne le directeur financier Roel Verhaeren, c'est que si tous les hôpitaux sont actuellement sous pression budgétaire importante, nous avons choisi de ne pas transférer la totalité de cette pression sur le dos des patients ou des assurances en fonction des cas."

Un manque à gagner à compenser

En moyenne, le médecin verra son revenu à la source diminuer. Mais il pourra l'augmenter s'il travaille bien. C'est, en résumé grossier, la philosophie du nouveau règlement financier qui prévoit des critères de qualité et de performance dans l'établissement de la rémunération du corps médical.

"Mais attention que cette limitation des suppléments d'honoraires, c'est aussi un manque à gagner pour l'hôpital, détaille Yvan De Meeûs. La totalité de ces suppléments ne va pas dans la poche des médecins. Une bonne partie sert à financer des projets médicaux. On veut récupérer ce manque à gagner, en offrant une médecine plus accessible et donc plus attractive, en augmentant le volume de patients qui fréquentent nos hôpitaux, et en nous hissant au top en matière de qualité de soins."

"Un pas dans la bonne direction"

Assureurs et mutuelles se rejoignent : la décision des Cliniques de l'Europe est "un pas dans la bonne direction." Le système de suppléments d'honoraires est régulièrement pointé du doigt, en raison du gouffre financier qu'il constitue. 

"Comme l'indique notre baromètre annuel, la charge de ces suppléments sur les patients est insupportable et va croissant", s'inquiète Arnaud Gorgemans, directeur de la MC Saint-Michel, la branche bruxelloise de la Mutualité chrétienne. 

"Parfois, les médecins pensent que ce n'est pas grave de demander beaucoup parce que c'est remboursé par les assurances. Mais c'est seulement vrai quand on a une bonne assurance. Dans la majeure partie des cas, les assurances ne couvrent pas au-delà de 200%", conclut celui dont moins d'un quart des affiliés dispose d'une assurance hospitalisation.

A quelques mois des élections, la Mutualité chrétienne plaide d'ailleurs pour une révision globale du financement des hôpitaux, passant par une interdiction totale des suppléments d'honoraires. "Si les suppléments disparaissaient, les assurances hospitalisation ne seraient, en définitive, plus nécessaires. Les sommes ainsi libérées par les assurés et les employeurs pourraient être réinjectées dans l'assurance soins de santé obligatoire.

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