"Handicap et emploi ? Oui, c'est compatible. C'est même souhaitable"

Le souci de détail d'Elisa est visible à travers le classement impeccable des dossiers dont elle s'est occupée cette semaine
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Le souci de détail d'Elisa est visible à travers le classement impeccable des dossiers dont elle s'est occupée cette semaine - © B. Schmitz - RTBF

60% des personnes handicapées en âge de travailler chez nous n'ont pas d'emploi. Pourtant, la plupart dispose bien des capacités et des aptitudes pour travailler. Le frein se trouve parfois dans le regard ou la crainte des employeurs eux-mêmes. Alors, pour le surmonter, près de 500 personnes en situation de handicap passent en ce moment un ou plusieurs jours en stage dans des entreprises. Cela s'appelle les "Duodays". Et visiblement, la formule fonctionne.

Elisa a 23 ans et cette jeune Berchemoise est fière de nous présenter un énorme tas de d'enveloppes, impeccablement entassées et étiquetées, prêtes à être remplies et envoyées. Elle ouvre aussi un casier en fer gris, remplis de dossiers à nouveau impeccablement marqués et ordonnés. "J'ai dû trier ces dossiers et parfois j'ai dû aussi les nommer. En tout cas, ceux qui venaient d'être créés". Le résultat de plusieurs jours de stage de classement et de travail administratif.

Tout cela pourrait paraître classique, sauf qu'Elisa est autiste. Et ce stage, c'est sa première confrontation avec le marché de l'emploi. "J'avoue que travailler, cela me fait du bien", confie-t-elle. "Sinon, d'habitude, je reste souvent chez moi. Mais ici j'apprends à me gérer avec les horaires et les déplacements notamment".

Dépasser le paraître

Le stage se déroule chez l'Oréal l'un des géants des cosmétiques où, plus qu'ailleurs, le paraître compte. Au début du projet, Fabian Reniers et les autres employés ont donc dû dépasser certaines idées reçues.

"Une fois qu'on commence à discuter directement, il y a beaucoup de clichés qui tombent les uns après les autres... mais ils sont tenaces", affirme le responsable ressources humaines de l'entreprise qui accueille des stagiaires Duodays pour la troisième année.

Il poursuit : "Oui, il y a une différence par rapport à un stagiaire plus classique parce qu'il faut davantage guider et encadrer. Après, on vient de se rendre compte que, dans un listing de 220 personnes, Elisa s'est rendu compte qu'il y avait un doublon. Ce que peut-être quelqu'un d'autre n'aurait jamais perçu."

Le handicap comme attout

Une phrase qui donne encore un peu plus le sourire à Marie-Laure Jonet, la responsable de Diversicom, l'association qui organise le placement des ces stagiaires en situation de handicap en entreprise. "Elisa est autiste, mais elle a une mémorisation et un souci du détail qui sont des plus. Et c'est là parfois simplement le frein, c'est qu'on ne sait pas que le handicap peut apporter un vrai plus pour certaines tâches et que ce plus est exploitable pour l'entreprise".

Reste maintenant à voir si cela va déboucher sur un emploi pour Elisa. L'an dernier plus de la moitié de ces Duodays organisé par Diversicom a abouti à un poste ou une reprise de formation de longue durée. Donc, une réintégration sur le marché de l'emploi pour des personnes en situation de handicap.

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