Grogne des agents de la prison de Saint-Gilles qui tourne au ralenti

Grogne des agents de la prison de Saint-Gilles qui tourne au ralenti
Grogne des agents de la prison de Saint-Gilles qui tourne au ralenti - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le personnel de la prison de Saint-Gilles qui est en sous-effectif a décidé ce mercredi matin de limiter les mouvements au sein de l’établissement pour travailler en sécurité, a indiqué Laurent Lardinois, secrétaire régional CGSP.

Les acheminements des prévenus vers le palais de justice sont extrêmement restreints voire nuls. Les préaux et les visites ne sont pas non plus encadrés. Les besoins de base comme la distribution des repas et des médicaments restent cependant assurés. Il ne s’agit pas d’une grève, mais d’une mise en sécurité de l’établissement.

"Il y a un manque de personnel criant et la situation perdure depuis des semaines, ce qui fait que la tension monte dans l’établissement", rappelle Laurent Lardinois. "On veut que la direction régionale respecte ce qu’elle a signé et ce qu’elle a promis. Tout ce qu’on demande c’est d’avoir des agents pour pouvoir effectuer notre travail. On est face à un mur aujourd’hui, dû au non-respect des protocoles par l’administration".

Une réunion sans solution à court terme

Lors d’une réunion infructueuse avec la direction régionale à 10h00, les représentants syndicaux des agents pénitentiaires de la prison de Saint-Gilles ont décidé, en bonne intelligence avec la direction locale, d’adapter ce régime jusqu’au début octobre en fonction du personnel présent, a annoncé Laurent Lardinois.

Les présentations au palais devraient reprendre leur cours jeudi mais des services resteront aménagés et restreints en fonction du personnel présent. Ces mesures, qui resteront d’application jusqu’à la fin du mois, seront mises en place en essayant de garantir au maximum les droits des détenus et d’assurer des conditions de travail décentes pour les agents pénitentiaires.

"La direction régionale n’a pas de proposition à faire dans l’immédiat et elle se limite à nous dire que des engagements sont en cours", rapporte Laurent Lardinois. "Pour nous, ce n’est pas suffisant. Il nous faut des listes nominatives indiquant qui va commencer quand et, en fonction de ça, on peut adapter notre travail. Pour les engagements hors cadres, l’administration régionale s’est aussi limitée à dire qu’elle fait tout son possible et qu’ils sont en cours."

Selon ce dernier, trois agents hors cadre sont arrivés en renfort en septembre sur les 19 promis en juin par l’administration lors de la signature d’un protocole d’accord. De plus, il manque une trentaine d’agents pour compléter le cadre.

Une crise qui ne date pas d’hier

Pour rappel, les visites des services psychosociaux externes ont été limitées à 5 entrées simultanées dès la fin du mois de juin à la prison de Saint-Gilles faute de personnel face à la surpopulation carcérale. Ces professionnels apportent une aide psychologique, accompagnent les usagers de drogues, jouent les médiateurs de dettes ou encore s’occupent de faire un relais parents-enfants.

Depuis la grève de 2017 et la nécessité de condamner une partie des ailes de la prison de Forest pour rénovation, la prison de Saint-Gilles est devenue exclusivement une maison d’arrêt, qui ne fait donc plus de peines. Les affections de Forest ont ainsi été transférées à Saint-Gilles, de même que les problèmes afférents à cette condition. Les agents de Saint-Gilles sont en sous-effectif et doivent faire face à une surpopulation carcérale (environ 850 détenus pour une capacité de 550). Cette situation entraîne une augmentation du nombre de personnes qui tombent en arrêt maladie, ce qui diminue encore les effectifs.

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