Futur musée d'art contemporain à Bruxelles : appelez-moi "Kanal"

Le bâtiment Citroën
Le bâtiment Citroën - © EMMANUEL DUNAND - AFP

L'orthographe est néerlandophone, la prononciation francophone. Un nom très zinneke, mélangé et bruxellois donc. Yves Goldstein, le pilote du projet de nouveau pôle muséal dans l'ancien garage Citroën à Yser et à côté du canal a profité de sa présence aux "Brussels Days" à Berlin pour révéler le nouveau nom de la fondation lancée pour développer ce projet. Ce qui, plus que probablement, devrait aussi devenir le nom du futur musée lui-même.

Un musée que la Région bruxelloise a décidé de financer seule à concurrence de 125 millions d'euros (hors TVA et frais d'architectes). "Nous ne pouvions plus nous permettre d'attendre un geste des autorités sensées être compétentes en matière d'art contemporain", lance le ministre-président Rudi Vervoort. Lisez entre les lignes, le socialiste vise le gouvernement fédéral, accusé de laisser se dégrader les musées royaux d'arts et d'histoire dont il est responsable à Bruxelles, et vilipendé pour avoir fermé et remplacé l'ancien musée d'art moderne en 2011.

Référence mondiale ?

"Nous allons donc faire nous-même ce qui doit devenir un musée référence au niveau européen et mondial en matière d'art contemporain", précise Yves Goldstein. L'ancien chef de cabinet de Rudi Vervoort a été chargé par la région de piloter ce projet (au moins) jusqu'à l'ouverture du musée, dont la date reste incertaine. Il compte notamment s'inspirer de l'expérience allemande du centre d'art Bethanien qu'il a visité ce mardi matin, ainsi que de musées références en la matière comme le Guggenheim de Bilbao ou le MOMA de New-York.  

Il reste aujourd'hui 7 cabinets d'architectes (sur 92 au départ) en lice pour transformer à l'intérieur le bâtiment emblématique de Citroën à Bruxelles, racheté par la Région et qui sera vidé définitivement de ses voitures le 9 novembre. Le lauréat sera désigné si tout va bien en mars. Viendront ensuite les demandes permis et si tout va bien le début du chantier à l'automne 2019.

D'ici là, entre mai 2018 et mai 2019, Bruxelles ne laissera pas le site vide. Elle proposera une exposition temporaire d’œuvres en partenariat avec le Centre Pompidou à Paris. Ensuite ? " Un complexe de 35 000 m² verra le jour, dont 15 000 dédié au musée, 10 000 pour un centre d’architecture et 5000... pour les habitants. "On devrait y trouver une boutique pour acheter du matériel pour soi-même peindre ou dessiner, un lieu de loisir aussi et de repos. Là, il ne faudra pas payer de tickets d'entrée pour venir", précise Yves Goldstein. "On veut que ce lieu soit aussi celui de tous les Bruxellois".

Des Andy Warhol au musée ?

L'homme voudrait aussi transformer le quartier "en rendant piétons le quai voisin des Péniches" et en attirant toutes les écoles de Bruxelles sur le futur site. Mais que trouvera-t-on dans le futur musée ? "Les œuvres d'art modernes, comme des peintures de Bacon ou Warhol sont impossibles à acheter pour n'importe quel musée public". Yves Goldstein va donc procéder de deux façons : d'abord utiliser 1 million d'euros pour acquérir des œuvres d'artistes bruxellois, Belges ou non. Ensuite, en tentant de convaincre les propriétaires privés de grandes ouvres modernes qui résident dans notre capitale de lui confier leurs biens pour les exposer. "Croyez-moi, il y en a plus qu'on ne pense et de très belles pièces", conclut Yves Goldstein.

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