Woluwe-St-L/Crainhem : fermer un accès vers Saint-Luc ? Les cliniques disent non !

C’est un peu par hasard que Renaud Mazy, l’administrateur délégué des cliniques Saint-Luc, à Woluwe, a entendu parler du projet flamand de fermer purement et simplement l’échangeur entre le ring et le boulevard de la Woluwe. Si son sang n’a fait qu’un tour, c’est parce, selon une étude interne, 55% des patients, étudiants et médecins qui se rendent aux cliniques, passent par le ring.

Or, Saint-Luc, c'est le premier employeur privé de la capitale : 6.600 personnes y travaillent. Décourager une partie de la patientèle de s'y rendre, c'est mettre une partie de ces emplois en péril.

Côté flamand, la Werkvennootschap, la société publique chargée de gérer les grands aménagements en matière de mobilité, explique qu’il y a, dans cette partie du ring nord, trop d’accès et de sorties, et que c’est dangereux : les automobilistes n’ont que peu de temps pour changer de bande, d’où un risque accru d’accidents. Fermer une sortie permet donc de fluidifier le trafic.

Guerre régionale ?

Du côté des cliniques, on se réjouit de cette volonté d’améliorer le trafic sur le ring, mais on s’étonne du choix de la sortie boulevard de la Woluwe, un des six grands axes d’accès à la capitale. D’autant qu’une autre sortie toute proche, celle de la Henneaulaan, reste, elle, ouverte.

"Il y a beaucoup d’entreprises sur la Henneaulaan, explique Renaud Mazy, et je redoute qu’on fasse le choix d’aider et de supporter ces entreprises installées en Flandre, versus des choix qui soutiennent la santé et l’enseignement."

Côté flamand, on jure qu’il ne faut voir aucune volonté régionaliste. Non, l’intention n’est pas de nuire à l’UCL : "Nous ne voulons certainement pas réduire l’accessibilité des grands sites, explique Marijn Struyf, porte-parole de la Werkvennootschap. Le trafic sera renvoyé vers la sortie Kraainem, sur la E 40, qui sera réaménagée. Les véhicules d’urgence auront encore accès à l’échangeur du boulevard de la Woluwe. Et tout ceci est prévu pour dans dix ans, après le réaménagement du ring."

Rencontre prévue

Cet argument ne convainc guère Renaud Mazy : "Nous ne voyons pas comment les sorties Kraainem et Wezembeek, qui sont déjà actuellement saturées pourraient accueillir le trafic supplémentaire. Selon nos calculs, Kraainem devrait absorber cinq fois plus de véhicules."

Une nouvelle rencontre entre les responsables de l’aménagement du ring et la direction des cliniques est prévue dans quelques jours. Côté Saint-Luc, on est formel : pas question d’accepter une solution qui n’améliorerait pas la situation actuelle.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK