Faute de structure adaptée à leurs enfants, des parents se battent pour créer une nouvelle école

Après sept ans et d'énormes efforts et sacrifices, Fabian Gillard et Nicholas Brooke ont réussi leur pari de créer une toute nouvelle école adaptée aux besoins de leurs enfants
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Après sept ans et d'énormes efforts et sacrifices, Fabian Gillard et Nicholas Brooke ont réussi leur pari de créer une toute nouvelle école adaptée aux besoins de leurs enfants - © B. Schmitz - RTBF

C'est une belle histoire de rentrée. A Bruxelles, une poignée de parents ont réussi à mettre sur pied une toute nouvelle école secondaire. Des parents d'enfants porteurs d'un léger handicap physique. Leur histoire est étonnante. 

Pour comprendre, il faut retourner sept ans en arrière. A l'époque plusieurs parents inscrivent leur enfant à l'école de "La Famille" à Koekelberg (enseignement spécialisé de type 4, forme 2). Une école parfaitement adaptée aux besoins de leur enfant où, à côté des instituteurs, on trouve aussi toutes une série de métiers de soins (psychologues, ergothérapeutes, logopèdes...). Le mélange permet de guider ces enfants pour qu'ils acquièrent une certaine autonomie et, pourquoi pas, pour qu'ils parviennent à trouver un emploi une fois devenu adultes, par exemple dans une structure de type atelier protégé.  

Créer ou voir son enfant régresser

Mais voilà, au moment de démarrer le cycle scolaire fondamentale à "La Famille", ces parents apprennent qu'il n'existe aucune école secondaire adaptée, lorsque leur enfant aura terminé ses primaires. "Une fois que ces enfants quittaient l'école primaire pour rejoindre une école secondaire spécialisée moins adaptée à leur cas, la plupart régressaient", explique Nicholas Brooke dont le fils Hugo fréquente l'école de "La Famille". "Et ça, en tant que parents, on pouvait difficilement accepter cette situation". 

Sans oublier les trajets interminables en bus pour rejoindre une des (trop rares) écoles secondaires spécialisées à Charleroi ou Genval par exemple. Ces parents ont donc décidé de prendre les choses en main et de tenter de développer une nouvelle école, la première adaptée à ce type de handicap à Bruxelles.  

"Il faut bluffer pour arriver à ses fins"

Une démarche qui, ils vont vite comprendre, est loin d'être facile. Au départ, trois papas s'organisent pour rencontrer l'administration de l'enseignement à la Communauté française. On les renvoie alors vers des questions de budgets, de terrains, de normes de bâtiments, de permis... "On passait d'un service à l'autre, sans que rien n'avance ou presque. C'est très frustrant et ça a duré trois ans", confie Fabian Gillard, l'un de ces papas. 

Trois ans, jusqu'à une rencontre qui va servir de déclic. "Nous sommes alors tombés sur des spécialistes qui nous ont conseillé tout simplement d'y aller au bluff. En clair, quand on allait voir de potentiels financiers pour notre projet, on leur disait qu'on avait déjà les autorisations et les permis. Et quand on allait voir les autres parties, et bien on disait qu'on avait déjà le financement".   

Alors qu'en fait, rien n'était encore signé. Et au final, la technique paye. Au lieu des quinze ans habituellement nécessaires pour ouvrir une école de ce type, il ne leur en a finalement fallu que... sept !

Après l'école, un centre de jour ?

Soit juste à temps pour permettre à leurs enfants de faire leur rentrée dans cette nouvelle école, alors qu'ils sortaient de primaire. Une belle histoire qui se poursuit aujourd'hui à travers Mano, le fils de Fabian, et les 15 autres premiers élèves de cet établissement pas comme les autres. Des élèves dont l'état se serait déjà amélioré en quelques jours, selon leurs encadrants. A terme, l'établissement pourra au total recevoir une cinquantaine d'enfants. 

Prochain objectif pour les parents : récupérer un peu d'énergie après ces années d'efforts intenses et ensuite assurer le financement et donc la survie à long terme de l'école "La Famille-La Cime". 17 000 euros sont nécessaires par an pour payer l'occupation du terrain à la commune. A noter que ces parents pensent déjà peut-être à développer ensuite un centre d'accueil de jour à Bruxelles, adapté au handicap de leur enfant. Histoire d'offrir une alternative d'occupation au moment où ces jeunes quitteront la nouvelle école secondaire, d'ici 6 à 7 ans. 

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