Faut-il revoir les frontières communales bruxelloises?

C'est en tout cas la suggestion de Gauthier Calomne et Boris Dilliès, deux députés régionaux MR. Selon eux, la Région bruxelloise, avec ses 19 communes, et 19 CPAS, ses 6 zones de police, sa Cocof et sa Cocom... ressemble a un "grand machin" qu'il faudrait simplifier. Les deux compères rêvent donc d'une meilleure gouvernance, en s'attaquant notamment au découpage communal.

"Ce qu'on a voulu, précise Gauthier Calomne, c'est lancer le débat. Redessiner les frontières permettrait de mieux gérer certaines compétences et on pense ici aux travaux, à la mobilité, à la propreté ou au stationnement". Selon lui, le découpage actuel provoquerait une forme d'incohérence qui empêcherait certains citoyens d'être correctement servis par leur administration communale.

Mais en lançant ce débat, on peut dire que les deux hommes provoquent aussi une levée de boucliers et singulièrement à la ville de Bruxelles. Celle-ci est épinglée à plusieurs reprises dans leur carte blanche publiée ce vendredi dans le journal Le Soir. Avec un territoire qui s'étend du bois de la Cambre aux confins de Haren, l'administration bruxelloise ne serait pas en mesure de répondre aux besoins de tous ses citoyens. 

Autant dire qu'à la ville de Bruxelles on apprécie peu l'analyse des deux députés. Et l'échevine Karine Lalieux a réagi vertement : "Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Les limites communales engendrent toujours certaines tensions, c'est normal... une partie du trottoir appartient à une commune et l'autre partie à la commune voisine mais dans ce cas, les communes doivent se parler et nous le faisons".

Même réaction dubitative parmi les échevins MR de la majorité bruxelloise. Alain Courtois rappelle que des efforts importants ont été faits pour se rapprocher de tous les citoyens de la commune. Et il s'interroge : "Mes deux collègues souhaiteraient-ils par-là lancer une discussion sur la fusion des communes?"

Alors les 2 députés MR ont-ils pêché par naïveté ou ont-ils voulu jouer la carte de la provocation dans un dossier qu'ils savent cadenassés? 

Pour le politologue Jean-Paul Nassaux, les frontières communales ne bougeront sans doute pas de sitôt. "D'une part, ce découpage communal est un produit de l'histoire et cette histoire a plus de 150 ans. D'autre part, cette problématique est extrêmement sensible à Bruxelles". Pour ce spécialiste, la question des frontières communales a déjà fait l'objet de nombreuses discussions ces dernières années, un accord a été trouvé entre Bruxellois, lors de la dernière réforme de l’État et actuellement personne n'a vraiment envie de relancer ce dossier.

Une refonte des limites communales ne semble donc pas à l'ordre du jour. Mais Boris Dilliès et Gauthier Calomne n'en ont cure! Les deux députés bruxellois affirment juste avoir voulu "oser le débat" autour d'une meilleure gouvernance de Bruxelles. Un travail de longue haleine!

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