Enterrement symbolique de la "loi Onkelinx" sur les réquisitions d'immeubles à Saint-Josse

Adoptée en 1993, la "loi Onkelinx" permettait la réquisition d'immeubles vides par les pouvoirs publics, à l'initiative d'un président de CPAS, et avec l'accord du bourgmestre de la commune où était situé le bien à l'abandon. Destinée à lutter contre le phénomène du "sans-abrisme", la loi n'a pourtant quasiment jamais été appliquée. La seule commune à l'avoir fait fut Philippeville. "Sous la pression d'une centaine de militants venus manifester dans la rue", tempère Jean Peeters, le secrétaire du Front commun SDF, coupole d'associations luttant pour le droit au logement.

Une loi qui fait flop

Si la loi a manqué son objectif, estiment les militants du droit au logement, c'est parce qu'elle a fait la part trop belle au lobby des propriétaires. Elle contenait trop d'obstacles pour permettre sa mise en oeuvre et est donc quasiment demeurée lettre morte. Ce mardi, devant l'ancien couvent du Gesu, à Saint-Josse, les associations (une trentaine de militants au total) ont symboliquement brûlé le cercueil de la loi Onkelinx. L'endroit n'a évidemment pas été choisi au hasard. Lieu de culte désacralisé, à l'abandon depuis de longues années, l'ancien couvent du Gesu fait l'objet d'un projet immobilier qui ne se concrétise pas. L'endroit a longtemps été occupé par quelque 200 personnes sans abri et/ou sans papiers. Le bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir, avait ordonné leur expulsion en novembre 2013. Depuis lors, les bâtiments sont vides. Et le projet de construction d'un hôtel et d'une trentaine de logements toujours aussi hypothétique.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK