Emir Kir convoqué devant la commission de vigilance du PS après sa rencontre avec deux maires turcs d'extrême droite

Emir Kir convoqué devant la commission de vigilance du PS après sa rencontre avec deux maires turcs d’extrême droite
Emir Kir convoqué devant la commission de vigilance du PS après sa rencontre avec deux maires turcs d’extrême droite - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Emir Kir sera convoqué devant la commission de vigilance du parti socialiste. Il devra s’expliquer sur sa rencontre le 5 décembre dernier avec une délégation de 6 maires turcs, dont deux sont issus du MHP, un parti nationaliste considéré comme étant d’extrême droite et proche de l’organisation des Loups Gris.

Cette décision a été confirmée par le président de la fédération bruxelloise du PS, Ahmed Laaouej. Il sera convoqué non pas à l’initiative de la commission de vigilance elle-même, mais bien à l’initiative d’un militant socialiste. Jeremie Tojerow s’en explique sur Facebook : "Ce n’est pas une décision facile et agréable, mais le refus de banaliser ou normaliser les idées et partis d’extrême droite, tout comme le strict respect du cordon sanitaire, doivent demeurer des exigences absolues au sein de notre mouvement politique". Il souligne que ce n’est pas la première rencontre du genre pour le bourgmestre socialiste de Saint-Josse, puisqu’en juillet 2018, Emir Kir s’était déjà félicité d’un entretien en Turquie, dans le village natal de ses parents, avec un maire du MHP. Pour ce militant socialiste, on ne peut se "contenter de parler d’un accident de parcours ou d’une erreur de jugement".

"Je n'ai pris aucune initiative", explique Emir Kir

Emir Kir se dit prêt à fournir des explications que cette rencontre : "Contrairement à ce qui a été dit, je n’ai pas lancé d’invitation pour accueillir ces bourgmestres. Mon cabinet a été contacté par l’association des Villes turques, politiquement neutre, nous informant que celle-ci se rendait au Comité des Régions de l’Union européenne pour une réunion de travail. Celle-ci a également souhaité me rencontrer. Je n’ai pris aucune initiative", explique une fois encore le bourgmestre de Saint-Josse.

Emir Kir qui rappelle que Saint-Josse était jumelée depuis 2014 avec la commune d’Eskisehir (ville du centre de la Turquie) dirigée par un maire de gauche, depuis une dizaine d’années.

Le PS bruxellois ne cautionne pas cette rencontre

La rencontre du 5 décembre dernier, avait provoqué la réaction de Zoé Genot, conseillère communale Ecolo : "inacceptable", disait-elle, en se demandant où était le cordon sanitaire. Tandis qu’Ahmed Laaouej, expliquait dans la foulée que la fédération bruxelloise du PS "ne cautionnait pas" cette réception, ajoutant que " la lutte contre l’extrême droite ne peut souffrir d’exception. Quel que soit le cadre institutionnel, en ce compris des échanges qui seraient organisés par l’Europe, aucune forme de complaisance n’est acceptable. Les valeurs socialistes commandent une attitude claire et non équivoque : un cordon sanitaire à l’égard de tout parti ou toute formation d’extrême droite, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs​​​​​​".


Un tweet embarrassant

S'il n'est pas à l'initiative de l'invitation de la délégation de maires turcs, comme il l'affirme, comment Emir Kir explique-t-il le tweet envoyé le 2 décembre, soit 3 jours avant la rencontre à Bruxelles, par Mehmet Sari, l'un des deux élus MHP ? L'élu turc y annonce le programme de sa visite à Bruxelles, dont une rencontre avec le maire de Saint-Josse, Emir Kir. 

 

La visite à la maison communale de Saint-Josse le 5 décembre, faisait donc apparemment l'objet d'un accord préalable entre le bourgmestre Kir et la délégation des 6 maires turcs.  

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