Droits des femmes: "Des lois existent, reste à les appliquer..."

"Le 20ème siècle a permis d'obtenir des lois relatives à la protection des droits de la femme. Au 21ème siècle (et même au-delà), il faudra les faire appliquer!": déclaration ce vendredi de Florence Montreynaud, féministe et historienne française. A quelques jours de la Journée internationale de la Femme, la célèbre féministe française était l'invitée d'élus socialistes au Parlement bruxellois. La députée bruxelloise MR, Viviane Teitelbaum, féministe très active, était aussi venue écouter l'invitée française. Cette réunion était l'occasion de faire le point sur l'évolution de l'égalité des sexes, sur le travail (important) qui reste à accomplir et sur l'évolution des droits des femmes dans un contexte européen et international difficile. Une cause délicate, tant les extrémismes politiques et religieux actuels menacent les droits des femmes.

Du pain sur la planche

Florence Montreynaud le reconnaît. Les droits des femmes ont progressé depuis le 20ème siècle. "Il a fallu beaucoup de temps pour obtenir une série de droits, comme le droit de vote des femmes", explique la féministe. "Mais en dépit d'avancées législatives, l'application des lois reste encore très incomplète. Par exemple, quelle femme a réellement le droit d'avorter dans nos pays européens? Elle a plutôt le sentiment de devoir demander une faveur... Autre exemple, les disparités hommes-femmes en matière de salaires (en moyenne, en Belgique, 20% de moins pour les femmes); ou en matière de pensions (39% de moins pour les femmes, en moyenne, en Europe). Et n'oublions pas non plus les difficultés d'accès des femmes aux postes à responsabilités ou dans les conseils d'administration, ou encore, dans les hautes sphères politiques." Florence Montreynaud s'inquiète aussi de la montée de toutes les formes d'extrémisme (religieux, politique,...). "Nos sociétés, et les droits des femmes, sont en danger. Mais nous devons défendre nos acquis, les renforcer. Car c'est une lutte (pacifique) pour nos démocraties et pour l'avenir de nos sociétés. Le machisme tue tous les jours; le féminisme n'a jamais tué."

Le modèle suédois

Comme Florence Montreynaud, l'eurodéputée socialiste Marie Arena souhaite que l'ensemble des pays européens s'inspirent du modèle suédois. "Depuis l'éducation, par exemple, la Suède travaille sur les relations affectives et sexuelles. Des relations qui, depuis le plus jeune âge, établissent une égalité entre les petits garçons et les petites filles. On retrouve ce principe également dans l'enseignement et dans l'organisation du travail". Un système égalitaire qui risque de mettre encore un certain temps à s'étendre aux autres pays européens, tant il est difficile de faire évoluer les mentalités.

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