Drogue du viol: le témoignage d'une étudiante de 19 ans, "c'est plus fréquent qu'on le croit"

Claire craint d'avoir été droguée lors d'une soirée en boîte de nuit à Bruxelles. Elle soupçonne du GHB, aussi appelée la "drogue du viol". Heureusement, elle s'en sort finalement bien. Mais aujourd'hui, elle refuse pourtant de déposer plainte.

Les faits se sont produits juste avant les vacances de Pâques. Claire sort dans une boîte de nuit bien connue de Bruxelles. En arrivant sur place, elle se dirige au bar avec une amie. Et un homme propose de leur payer un verre. "Il ne m’a pas paru spécialement louche donc, oui, j’ai accepté. Un verre gratuit, me suis-je dit… Après, c’est le trou noir !"

"Certaines amies ont déjà vécu la même chose"

C'est l'un de ses amis qui la retrouvera dehors, presque 3/4 d'heure plus tard, à moitié inconsciente. Mais apparemment saine et sauve. Elle soupçonne cet homme d'avoir versé une drogue dans les boissons. "C’est bête à dire mais c’est assez fréquent. Quatre ou cinq amies ont déjà vécu la même chose. Parfois, ça s’est plus mal terminé (…) Je n’ai rien dit au gérant ni déposé plainte. Ce n’est pas un cas ou une personne seule qui va changer les choses et faire en sorte que cela cesse."

"Il faut déposer plainte"

Déposer plainte est compliqué, confirme Vincent Liesse, de l'association SOS viol, parce qu'il faut tout raconter, risquer peut-être de ne pas être crue. Sans oublier que les effets de ces drogues sont difficilement vérifiables puisqu'ils disparaissent du corps au bout de quelques heures. Pourtant, il encourage à passer à l'action. "Si personne ne dépose plainte, le phénomène n’est pas relaté officiellement. Il n’y a alors pas moyen de lutter ou mettre en place des politiques."

Un avis partagé par la police qui rappelle que des centres spécialisés pour l'accueil et le suivi des victimes de viol et d'attentat à la pudeur ont ouvert il y a quelques mois à Gand, Liège et Bruxelles. Et qu'ils sont accessibles toute l'année 24h/24.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK