Dissolution du CGAM ou la chronique d'une mort annoncée dans les Marolles

C'est bientôt la fin pour le CGAM, un an après le décès de Jacques Van der Biest
C'est bientôt la fin pour le CGAM, un an après le décès de Jacques Van der Biest - © Rtbf

Le Comité Général d'Action des Marolles, une asbl créée à la fin des années 1960 par l'abbé Jacques Van der Biest (décédé en mai de l'an dernier), a disparu lundi soir du paysage associatif bruxellois. Une assemblée générale s'est en effet prononcée, à l'unanimité moins une voix, en faveur de la dissolution du CGAM.

Une présidente contestée

Comment en est-on arrivé là? C'est l'aboutissement d'un long processus de déliquescence interne consécutif à la prise de pouvoir de l'ancienne syndicaliste (FGTB) Anne-Marie Appelmans au sein du CGAM. Sa direction erratique, autoritaire et versatile, selon ses détracteurs, a fait fuir de nombreux travailleurs, sans parler de ceux qui ont été licenciés - souvent pour une faute grave vivement contestée - par la présidente de l'association. L'an dernier, le CGAM s'est retrouvé complètement isolé. Plusieurs associations ont refusé toute collaboration avec lui, dont l'ULM, l'Union des Locataires Marolienne, qui partageait jusqu'à récemment ses locaux de la rue de la Prévoyance avec le CGAM. Inter-Environnement Bruxelles a même décidé d'exclure l'association "pour contradiction avec les valeurs d’IEB dans la gestion, l’organisation et les activités d’une association membre".

Plus de travailleurs

Comme la plupart des associations, le CGAM fonctionnait essentiellement grâce à des ACS, des agents contractuels subventionnés, octroyés par la Région bruxelloise sous le contrôle d'Actiris, l'office régional de l'emploi. Or, Actiris a décidé, le 23 décembre 2016, de supprimer l'ensemble des postes ACS du CGAM à dater du 30 juin 2017. Pour quelles raisons? Le courrier d'Actiris est explicite : il relève "une baisse substantielle et structurelle de ses activités" tant pour les petits dépannages chez des particuliers que pour les activités d'éducation permanente.

Le CGAM se voit aussi reprocher de ne pas encadrer son personnel. L'asbl ne dispose plus d'un coordinateur depuis 2013, pointe le contrôleur d'Actiris, ce qui "pose un réel problème dans l'encadrement des travailleurs et la programmation, le suivi et le contrôle de leurs activités."

Enfin, le courrier épingle la pathologie institutionnelle du CGAM : "les relations humaines se sont tellement dégradées au sein de votre asbl que c'est incontestablement le conflit social qui mobilise toutes les énergies au détriment d'activités avec des retombées constructives tant pour la population que pour le quartier des Marolles."

La présidente a démissionné

Avant même l'AG de dissolution de ce lundi, la présidente Anne-Marie Appelmans a démissionné. Dans un courrier à l'AG daté du 20 juin de cette année, l'ex-présidente de la FGTB de Bruxelles exprime son amertume vis-à-vis du manque de reconnaissance pour son engagement et son action en faveur du CGAM, dénonçant le harcèlement et les insultes dont elle se dit victime dans le quartier des Marolles. A-M Appelmans évoque aussi une "incroyable trahison" interne ayant provoqué des difficultés financières. Certains voient dans cette démission avant l'AG décisive une tentative de la part de la présidente du CGAM de s'exonérer de toute responsabilité dans la mort de cette association emblématique de ce que fut l'action  sociale de feu Jacques Van der Biest dans ce quartier déshérité de Bruxelles. Anne-Marie Appelmans n'a pas souhaité répondre à nos questions. Un curateur devrait être désigné dans les prochaines semaines pour s'occuper de la liquidation de l'asbl.

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