Dilbeek: un conseiller change de parti et la majorité communale devient minoritaire

Dilbeek, commune Flamande de 40 000 habitants aux portes de Bruxelles, a connu un conseil communal très chahuté ce mardi soir. Un conseiller communal CD&V, Jos Crabbe, a annoncé son retour vers son parti d’origine l’Open VLD, à la stupéfaction de ses partenaires politiques.

Cette annonce va aiguiser autant de tensions que d’appétits dans la commune et certainement chambouler la vie politique des mois à venir.

Une trop courte majorité

Le seul transfert de ce conseiller communal a suffi à rendre minoritaire la majorité communale de Dilbeek, une coalition CD&V - N-VA - Groen! - SP.A - DNA (une formation locale de droite). Elle disposait d’une très courte majorité : 18 sièges contre 17 pour l’opposition. Le rapport s’inverse donc aujourd’hui.

Dans l’opposition, l’Open VLD (14 sièges à présent) et l’UF (Union des Francophones, 4 sièges) pourraient tenter un retour aux pouvoir, deux ans avant les prochaines élections communales.

Des règles différentes en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles

Dans les communes de Flandre, quand une coalition perd sa majorité, elle ne perd pas directement le pouvoir mais est fragilisée. L’opposition, en avantage numérique, pourra mener un travail de sape : voter systématiquement contre les nouvelles initiatives de l’équipe du bourgmestre, bloquer toute dépense extraordinaire. Et le vote, essentiel, du budget communal 2017 de Dilbeek, en fin d’année, s’annonce déjà compromis.

Gouverner une commune sans en avoir la majorité est extrêmement difficile et mène généralement à la démission du bourgmestre et à l’arrivée d’un autre bourgmestre, dans une autre coalition.

Dilbeek, commune "ingouvernable" ?

Au cas où, à Dilbeek, le bourgmestre (Willy Segers, N-VA) ne démissionnerait pas, un décret flamand permet aux conseillers communaux de voter une "motion d’ingouvernabilité" de leur commune. Une telle motion entraînerait une tentative de conciliation par le gouverneur du Brabant Flamand. En cas d’échec, le conseil communal sera invité à proposer un autre bourgmestre, une autre majorité. Le résultat serait finalement le même mais vraisemblablement après une longue période de dégradation de la vie politique communale.

Blocage, démission, changement : c’est le scénario probable à Dilbeek aujourd’hui. Chaque formation politique fait d’ores et déjà ses calculs de coalitions possibles avec, en point de mire, les élections communales de 2018.

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