Deux actions syndicales du non-marchand bruxellois pour demander de revaloriser le secteur

Deux actions syndicales du non-marchand bruxellois pour demander de revaloriser le secteur
Deux actions syndicales du non-marchand bruxellois pour demander de revaloriser le secteur - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Deux rassemblements de travailleurs initiés par le front commun syndical ont eu lieu jeudi à Bruxelles afin de réclamer une revalorisation du secteur non-marchand bruxellois.

Le premier arrêt de travail a eu lieu à 11h00, en musique et en animations. Une cinquantaine de travailleurs et représentants syndicaux se sont réunis dans la cour du Centre gériatrique Scheutbos à Molenbeek-saint-Jean. Au son de "Vervoort, si tu savais, tes 7 millions où on se les met; on veut, on veut, on veut les 100 millions", le deuxième a été organisé au Centre Familial de Bruxelles, à Schaerbeek, à 12h15.

Des négociations sur la revalorisation du non-marchand bruxellois ont été entamées le 21 janvier dernier avec le gouvernement bruxellois, mais le budget n'est pas suffisant, selon les formations syndicales. Une réunion qui a confirmé "que le politique fait la sourde oreille à nos revendications", dénoncent-elles, soulignant un problème de sous-financement structurel du secteur.

Une revalorisation de 100 millions d'euros

Les syndicats demandent une revalorisation de 100 millions d'euros dès 2021, visant à financer une augmentation salariale de 6% pour l'ensemble des travailleurs du non-marchand. Or, le refinancement prévu tourne autour des 7,5 millions en 2021, 15 millions en 2022, 22 millions en 2023 et 30 millions en 2024, soit un total d'environ 75 millions sur quatre ans.

"Une augmentation salariale de 6%, ça coûte déjà 60 millions d'euros. Nous pensons qu'ils envisagent l'augmentation des barèmes pour les maisons de repos uniquement et nous revendiquons que ce soit pour l'ensemble des métiers du secteur", explique Vinciane Convens, secrétaire permanente CNE. "Plus globalement, il y un problème très concret: on n'arrive plus à engager des infirmiers et des aides-soignants dans les maisons de repos; c'est une revendication que le front patronal porte également. Il y a une concurrence entre les travailleurs puisqu'ils ont tendance à aller vers les hôpitaux où les conditions de travail et de salaire sont bien meilleures", note la syndicaliste.

Six jours de congés avec embauches compensatoires

Sont également revendiqués six jours de congés avec embauches compensatoires, des embauches supplémentaires pour baisser la charge de travail et des fins de carrière tenables (plan tandem, RTT).

Des réunions de travail sont prévues toutes les deux semaines avec les organisations syndicales pour budgétiser le cahier de revendications. Entre chaque entrevues, les deux syndicats prévoient des arrêts de travail, couverts par un préavis de grève qui court jusque fin juin, dans plusieurs institutions, afin de maintenir la pression.

"On a reçu de l'argent pour la relance économique à hauteur de 395 millions pour Bruxelles mais on leur a rappelé, et l'histoire vient encore de nous le prouver, que l'économie ne fonctionne pas sans la santé derrière. Il faut qu'elle soit stable, il faut qu'on ait des maisons de repos sous contrôle, avec des normes, des hôpitaux qui fonctionnent, des maisons d'éducation et d'hébergement qui roulent largement, des aides familiales qui doivent aller chez les bénéficiaires sans crainte et la boule au vent...", s'emporte Yves Dupuis, secrétaire SETCa Bruxelles.

Si le cadre budgétaire reste le même à l'issue de la rencontre de ce vendredi 12 février, les prochaines actions auront lieu le 25 février et le 8 mars. "Pour l'instant, il n'y a pas de blocage à proprement parler mais nous n'avons pas ce que nous demandons. On n'exclut pas de claquer la porte à un moment et d'aller voir les ministres qui bloquent", a conclu M. Dupuis.

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