Des sommes anormales payées aux administrateurs du Samu social de Bruxelles?

Le siège du SAMU social à Bruxelles
Le siège du SAMU social à Bruxelles - © Belga

Pascale Peraita a quitté la direction du Samu social en  2013, après une polémique concernant le montant de sa rémunération (192.705,34 euros annuels bruts + 33.047 euros de "primes de garde et horaires décalés") ainsi que l'occupation d'un logement de la Ville de Bruxelles rénové avec des subsides publics dans le cadre des contrats de quartier et donc assimilé à du logement social. Depuis lors, Pascale Peraita a quitté la direction du Samu social et son logement public et a été élue à la présidence du Cpas de la Ville de Bruxelles. A ce titre, Pascale Peraita siège au conseil d'administration du Samu social, au même titre que d'autres président(e)s de Cpas bruxellois. Rien d'anormal à cela.

De directrice à administratrice-déléguée

Récemment, le député régional Ecolo Alain Maron apprend que Pascale Peraita est devenue administratrice-déléguée de l'asbl Samu social. Alors que cette institution possède déjà une direction tricéphale, avec deux co-directeurs, un directeur financier, et même un responsable de la communication. Alain Maron s'est aussi demandé si les administrateurs du Samu social percevaient une rémunération. C'est bien le cas, confirme dans sa réponse la Ministre bruxelloise en charge de l'aide aux personnes, Céline Frémault. Les membres du CA et du bureau perçoivent un jeton de présence d'un montant de 140 euros bruts par séance prestée. En 2015 et 2016, le montant consacré aux rémunérations s'élevait respectivement à 56 000 et 59 920 euros.

"Dans la plupart des autres asbl du secteur, les administrateurs exercent leurs mandats à titre gratuit", s'étonne Alain Maron. "Les administrateurs du Samu social ne devraient pas être rémunérés. La plupart des gens qui sont membres de ce conseil d'administration sont soit des mandataires publics socialistes, soit des personnes qui sont là dans le cadre de leurs activités professionnelles dans d'autres asbl et donc ils sont déjà quelque part rémunérés pour assister à ces réunions. Ces rémunérations sont inutiles et elles sont partiellement choquantes, dans la mesure où on est quand même dans un secteur qui est en manque récurrent de moyens."

Un calcul qui ne "colle" pas

Fort des informations livrées par la Ministre, Alain Maron s'est livré à quelques calculs. Le député Ecolo part de l'hypothèse - plutôt maximaliste - que le CA se réunit 12 fois par an et que le bureau tient 24 réunions annuelles. En admettant que les 8 membres du CA assistent à toutes les séances et qu'il en va de même pour les membres du bureau (le calcul exclut les directeurs du Samu social, déjà rémunérés en tant que tels), tenant compte du montant du jeton de présence, le montant octroyé atteindrait en 2016 23 520 euros. Alors que le budget "jetons de présence" se monte, pour rappel, à 59 920 euros. Logiquement, Alain Maron se demande ce qu'il advient des 36 400 euros restants, non dépensés en toute hypothèse.

"Cet argent est sans doute utilisé pour rémunérer de manière exceptionnelle des administrateurs ou certains administrateurs en plus de leurs jetons de présence. Nous avons des éléments qui laissent à penser que l'administratrice-déléguée, Pascale Peraita, qui est aussi la présidente du Cpas de la Ville, touche des sortes de jetons de présence 'extraordinaires' parce qu'elle est administratrice-déléguée. Des jetons de présence qui pourraient aller jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'euros par an."

Démenti du Samu social

Michel Degueldre est médecin. Ancien de "Médecin du monde", il préside le CA du Samu social. Puisqu'il s'agit d'une asbl privée, Michel Degueldre ne souhaite pas détailler les rémunérations octroyées aux administrateurs. Mais il le garantit, "pas un centime d'argent public ne sert à payer les membres du CA ou du bureau. L'intégralité de l'argent octroyé par les pouvoirs publics sert à aider les sans abris. L'argent des jetons de présence provient de nos fonds propres et je peux vous assurer que madame Peraita ne touche pas 30 000 euros par an." Dont acte

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