Des étudiants de l'ULB mécontents de nouvelles pratiques au sein de la Solvay Brussels School

Contestation étudiante au sein de la faculté Solvay de l'ULB
Contestation étudiante au sein de la faculté Solvay de l'ULB - © Rtbf

Une centaine d'étudiants bacheliers de la Solvay Brussels School se disent victimes d'un changement de pratiques au sein de leur Faculté. Jusqu'à présent, un étudiant qui avait réussi 45 crédits sur les 60 de son PAE (programme annuel d'études) pouvait reporter les 15 crédits manquants sur la ou les années suivantes de son cursus. Moyennant deux conditions : disposer des prérequis nécessaires (par exemple, pour pouvoir passer Math 2 il faut avoir réussi Math 1) et obtenir l'accord du jury.

Pas d'accord du jury

C'est à ce niveau que le bât blesse. Jusqu'à cette année, le jury de la Faculté rendait un avis favorable aux étudiants ayant obtenu les prérequis, conformément au décret "paysage" de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ou "décret Marcourt"). Mais cette année, sans qu'il n'y ait rien d'illégal à reprocher à l'ULB, le jury a décidé de se montrer plus strict. Au grand dam d'une centaine d'étudiants en bachelier (les trois premières années d'études avant les masters) qui en dénoncent les conséquences.

"Des étudiants vont devoir passer une quatrième année de bachelier avec seulement 15 crédits, c'est-à-dire trois cours", dénonce Merlin Gillard, de l'Union syndicale étudiante, "ce qui implique de devoir repayer un minerval en entier, des frais de logements, des frais courants... Cela empêche aussi ces étudiants d'effectuer un Master en dehors de l'ULB ou de partir en Erasmus. Le décret Marcourt prévoit tout à fait de permettre à un étudiant d'obtenir 75 crédits en 3e année de bachelier mais la Faculté a décidé dans ce cas-ci de ne pas le faire".

L'Union syndicale étudiante dénonce aussi le manque de communication de la Faculté. "Des étudiants ont dû aller eux-mêmes chercher les décisions de refus au secrétariat", poursuit Merlin Gillard. L'Union syndicale critique aussi l'absence de motivation formelle des décisions.

Une présidente de jury intransigeante

Malgré les protestations des étudiants concernés et l'intervention syndicale, la présidente du jury, Catherine Dehon, campe sur ses positions. "Au niveau de l'enseignement supérieur, il y a deux types de décisions. Il y a des décisions de type administratif et puis il y a des questions de jury, (...) c'est vraiment une compétence académique et je pense que parfois les étudiants confondent un peu les deux éléments. Effectivement, pour les questions administratives, il faut notifier les décisions (...) et éventuellement spécifier dans le document les voies de recours. Au niveau des décisions du jury, c'est une compétence académique donc c'est très différent. Deuxième élément de confusion : dans le décret figurent des obligations légales que le jury doit effectivement respecter (...) et puis il y a un peu plus de flexibilité qui est laissée aux jurys s'ils veulent la mettre en application et ça, ce n'est pas une obligation...Et donc, je pense qu'il y a une petite confusion pour ces étudiants-là".

La période des inscriptions s'achevait le 31 octobre. Pour les étudiants qui s'estiment lésés, il ne reste que l'option d'un recours au Conseil d'Etat. Une procédure coûteuse et aléatoire.

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