Des étudiants de l'ULB bloquent toujours ce vendredi matin le rectorat de l'université

Des étudiants ont occupé cette nuit le hall du rectorat de l'Université Libre de Bruxelles (comme celui de l'UCL). Ils avaient investi les lieux jeudi vers 14heures, dans l'idée "d'attendre là que l'ULB fasse marche arrière".

Ils protestent contre la hausse de supplément de minerval pour des étudiants de pays en développement. Camerounais, Brésiliens, Marocains, Algériens... payent désormais 4175 euros pour une première année de baccalauréat ou de master, contre 2758 auparavant. Le minerval pour étudiants de "pays en développement" a donc été aligné sur celui des étudiants étrangers des pays plus riches hors Europe, comme les États-Unis.

Seuls les étudiants de 48 pays considérés comme les plus pauvres, ne se voient pas demander de supplément de minerval et payent donc 835 euros, comme les étudiants belges de l'ULB.

Selon l'ULB, pour cette année académique, 149 étudiants ont ainsi vu le coût de leur année universitaire augmenter.

"C'est épuisant"

Les étudiants qui manifestent auprès du rectorat dénoncent une mesure qui portera atteinte à la diversité sur le campus et pourrait "trier" les étudiants étrangers, favorisant l'accès de la formation aux plus riches. Ils estiment que leur université a un double langage, se présentant comme engagée vis à vis des pays du Sud mais limitant l'accès de ressortissants de pays en développement à ses auditoires.

Selon Joseph (prénom d'emprunt), étudiant camerounais, la mesure aura bien cet impact: diminuer le nombre d'étudiants de ces pays en développement. "Plus de 4000 euros c'est impossible. Déjà avec un minerval de 2700 euros, je travaille entre 15 et 20 heures par semaine en job d'étudiant en plus des études, parce que la vie est chère ici: il y a le loyer, la nourriture, les vêtements... C'est épuisant".

Une enveloppe fermée mais de plus en plus d'étudiants

La vice-rectrice Marie-Soleil Frère, justifie cette hausse : l'ULB compte de plus en plus d'étudiants alors que ses moyens sont à la baisse.

"On préfèrerait que l’enseignement reste quasiment gratuit et accessible à tous. L’ULB est l’université la plus internationalisée (30% de nos étudiants viennent de l’étranger, dont une grosse proportion hors UE, un quart d'entre eux). On est très fier de cette diversité mais on se rend compte aujourd’hui que c’est une diversité qui est de plus en plus difficile à assumer financièrement par l’institution, puisque ces étudiants étrangers hors Europe ne nous permettent pas d’accéder à des financements de la part de la Communauté française."

Une année universitaire d'un étudiant de l'ULB coûte en moyenne 12000 euros. les universités reçoivent une intervention publique sur une partie de ce coût, mais pas pour les étudiants étrangers hors Union Européenne.

Ce financement de la Communauté Wallonie Bruxelles n'augmente pas, contrairement au nombre des étudiants. Mais à cela s'ajoute une baisse de subsides de la coopération au développement, "environ un million d'euros en moins cette année pour l'ULB".  

Et Marie-Soleil Frère de conclure : "C’est de plus en plus difficile de continuer à assumer un enseignement de qualité pour tous avec les moyens dont on dispose."

Pour l'ULB, les étudiants qui manifestent au rectorat se trompent de cible et devraient interpeller plutôt les pouvoirs publics pour leur "désinvestissement massif, depuis 1997".

A noter qu'une action similaire s'est déroulée jeudi sur le site de l'UCL, à Louvain-la-Neuve.

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