Des dizaines de musulmans privés de pélérinage à la Mecque par une agence de voyage bruxelloise

Depuis 9h ce samedi, ils se pressent par dizaines devant l'agence "Sorif Travel" au boulevard Jacquemain, à quelques pas de la Place de Brouckère. Des hommes et des femmes, tous musulmans, qui rêvaient du hajj, le Pèlerinage à la Mecque, l'un des lieux saints de l'Islam. Pour la plupart des fidèles, il s'agit du voyage d'une vie. Pour se payer le billet d'avion et le séjour sur place, de nombreux musulmans économisent pendant des dizaines d'années avant de réunir la somme. C'est dire le désarroi des dizaines de fidèles qui ont appris vendredi soir, à la veille du départ, que leur voyage tombait à l'eau. Un simple coup de téléphone du directeur de l'agence Sorif Travel les informant soit que le vol avait été annulé, soit qu'ils n'avaient pas obtenu leur visa.

Des fidèles en colère

Deux policiers sont présents dans l'agence. Ils protègent le gérant et son personnel d'une foule calme mais susceptible de s'embraser à tout moment. Les clients sont venus avant tout pour récupérer leur passeport, sans se faire trop d'illusions sur la possibilité d'un remboursement. Pourtant, les sommes en jeu sont considérables. Il s'agit de plusieurs milliers d'euros. La rumeur va bon train : l'agent de voyage aurait fait de la prison, il se serait livré au même type d'arnaque précédemment à Anvers, l'agrément serait au nom de sa femme parce qu'il n'est plus autorisé à exercer cette activité... Autant d'éléments difficiles à vérifier. Mais l'association SOS Pélerins mentionne sur son site internet un nombre important de condamnations du gérant à rembourser des clients à la suite de plaintes. Un policier vient expliquer à la foule massée devant l'agence que le commerçant s'est engagé à rembourser tous les clients déçus en deux phases, lundi puis mardi prochain. C'est peu dire que les fidèles ne croient guère à cette promesse.

Un mécanisme classique

Selon toute hypothèse, et faute de pouvoir interroger le responsable, ce qui s'est passé repose sur un mécanisme classique : l'agence de voyage dispose auprès des autorités saoudiennes d'un quota de visas pour ses clients. Mais le commerçant en vend davantage, espérant bénéficier d'invendus auprès d'autres agences. Si la manœuvre échoue, toutes les demandes de visas excédentaires sont refusées et le candidat pèlerin reste en rade. Mais en attendant, il s'est acquitté de sommes d'argent importantes qu'il n'est pas assuré de récupérer. Et certains ne sont pas sûr de pouvoir partir pour La Mecque après ce premier voyage manqué.

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