Des commerçants des Marolles rouvrent les rampes du Palais de Justice aux voitures

Une soixantaine de personnes, selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles, ont symboliquement rouvert, samedi matin à 10h00, les rampes du palais de justice à la circulation automobile le temps d'une manifestation. Les protestataires étaient issus d'une quarantaine de commerces sur les quelque 150 du quartier des brocanteurs à Bruxelles, a précisé Michel Deschuytere, président de l'association des commerçants du quartier Bruegel et des Marolles.

Trop peu de places de parking

Sur un fond de musique, les manifestants ont déplacé les bacs de fleurs qui fermaient les voies et les ont remis en place à la fin du rassemblement. Celui-ci a duré un peu plus d'une heure, mais les accès ont seulement été ouverts pendant une quinzaine de minutes et aucune voiture n'est passée, a précisé Olivier Slosse, porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles.    

"On veut une politique de communication positive sur l'accessibilité du centre-ville en voiture, avec un fléchage jusqu'aux parkings", plaide Michel Deschuytere. "Il faut que les clients venant des Woluwe, d'Uccle, d'Ath ou de Nivelles puissent facilement trouver à se garer. Sans quoi, le commerce de qualité va s'éteindre dans le centre. On ne veut pas d'un centre-ville qui ne sert plus qu'à faire des événements. On veut que les gens viennent aussi pour découvrir des commerces à taille humaine, pour apprécier une atmosphère conviviale, où il n'y a pas de centres commerciaux".    

Critiques du plan régional "Good Move"

Les commerçants parlent d'une baisse importante de leurs chiffres d'affaires liée aux politiques de mobilité menées par la Ville de Bruxelles et la Région. "Le plan régional Good Move doit avoir été fait par des fonctionnaires dans des bureaux, qui n'ont jamais dû travailler avec des revenus variables", continue le représentant des commerçants. "On est actuellement dans une phase anti-voitures colossale, mais les transports publics dans Bruxelles sont encore très centralisés. On n'a pas de clientèle locale, car les Marolles sont une des zones les plus pauvres de Belgique et le pentagone autour compte aussi une population particulièrement pauvre. Notre clientèle vient des deux Brabants et de la ceinture verte et riche de Bruxelles et elle n'a pas de transports communs pour rejoindre le centre. Elle a 50 à 80 ans et ne fait pas de vélo ni de trottinette", a-t-il exposé.    

Il fait par ailleurs remarquer que la taille des pièces vendues nécessite souvent un transport par voiture: "On a une perte systématique de places de parking dans les projets de réaménagement de l'espace public. On a perdu 50 places lors de la rénovation de la place de la Chapelle et on en a perdu 500 au 1er mars dans les rampes du palais de justice". Les commerçants ajoutent que cette fermeture a coupé une voie de communication entre le bas et le haut de la ville.

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