De justesse ! Le Meyboom a été planté mais il s'en est fallu de peu !

C’était le moment attendu par tous les amateurs de folklore bruxellois. La plantation du Meyboom devait avoir lieu avant 17 heures ce vendredi après-midi, sinon, et bien les bruxellois perdent le droit de le planter l’an prochain. Et c’est bien ce qui a failli se passer. Il faut dire que l’arbre coupé, ce matin, dans le bois de la Cambre était particulièrement grand (14 mètres au lieu de 11 habituellement). Il a donc fallu s’y prendre à plusieurs reprises avant de finalement réussir à le stabiliser, juste avant l’heure fatidique.

Ouf ! Les bruxellois respirent donc, l’honneur est sauf. Retour sur le déroulement d’une journée qui avait commencé tôt.

Nous sommes le 9 août et à Bruxelles, c’est le jour d’une veille tradition : le Meyboom ou arbre de joie. Ce folklore qui tire son origine dans un conflit entre Bruxellois et Louvanistes au XIIIe siècle. Pour garder l’honneur, les Bruxellois doivent couper un arbre, le balader dans la ville et le planter impérativement avant 17 heures au croisement de la rue du Marais et de la rue des Sables.

Il est 6 heures du matin au café le Valency à Schaerbeek. Une odeur de café et d’omelettes au lard embaume l’estaminet bruxellois. Des hommes en t-shirts rouges arrivent au compte-gouttes. Ils se saluent en brusseleir. Ce sont des buumdroegers. Ce sont eux qui vont balader l’arbre de joie depuis le bois de la Cambre jusqu’au centre-ville. Mais avant d’aller le couper, ils prennent des forces. "T’as dormi ici toi ?", demande l’un d’entre eux en rigolant. Les pompes à bières sortent leurs premières mousses.

Parmi eux, Serge est stagiaire. C’est son tout premier Meyboom avec un t-shirt rouge sur le dos. "Je vais accompagner les buumdroegers et je suis là pour soutenir les uns et les autres en fonction du déroulement de la journée." Stressé ? "Au contraire, très motivé et sans problème pour me lever à 4h ce matin !"

L’un d’entre eux n’a pas de polo rouge mais un costume et un chapeau noir. C’est le président des Compagnons de Saint-Laurent, Jan Brusten. "La tradition remonte à 1213 lors d’un mariage entre une Bruxelloise et un Louvaniste dans une auberge qui s’appelle le Cattenhuys. À l’époque, c’était juste en dehors des remparts de la ville de Bruxelles. Les Louvanistes sont venus et ont cherché à la bagarre. Et ja… les Bruxellois étaient en train de perdre un peu la bataille. Et ce sont les Compagnons de Saint-Laurent, une guilde d’arbalétriers qui ont passé la porte des remparts pour aider les Bruxellois et chasser les Louvanistes. C’est le Duc de Brabant qui a donné le privilège aux Compagnons de Saint-Laurent de planter chaque année le 9 août, la veille de la fête de Saint-Laurent, est devenu la journée de l’arbre de joie."

Tout ce petit monde se dirige ensuite vers le bois de la Cambre pour couper l’arbre vers 8h du matin.

Avant 17h pour que l’honneur soit sauf

Si l’arbre n’est pas planté avant 17h, les Bruxellois perdent le droit de le planter l’année prochaine. Ils doivent donc se dépêcher de faire leur tour des différentes communes : Etterbeek, Schaerbeek, Saint-Josse et bien sûr Bruxelles-ville avec la Grand-place à 14h30. Les buumdroegers mais aussi les poependroegers (las porteurs de géants) et les nouveaux chevaux godets des jeunes porteurs paradent sous le regard des touristes.

Le plus important des rendez-vous est à 16h40 au croisement de la rue du Marais et de la rue des Sables. En espérant, que l’arbre de joie soit planté à temps !

Et pour ceux qui se posent la question : l’arbre est retiré dès le lendemain, découpé en petits morceaux et distribués aux membres du folklore qui l’affichent fièrement sur leur cheminée par exemple !

Journal télévisé 13H

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