Contrôle de Montasser AlDe'emeh: "Il a dit avoir des connexions à la Sûreté"

Guido Van Wymersch, chef de corps de la police de Bruxelles.
Guido Van Wymersch, chef de corps de la police de Bruxelles. - © JONAS ROOSENS - BELGA

L'islamologue Montasser AlDe'emeh, habitué des médias flamands, a accusé mardi soir la police de l'avoir molesté suite à un contrôle d'identité, dans l'après-midi du même mardi, à Bruxelles. 

Montasser AlDe'emeh s'est spécialisé dans la radicalisation islamique. Ce diplômé en langues orientales de la KUL se présente comme chercheur et intermédiaire entre les parents des djihadistes et les autorités. Il a fait la une de plusieurs médias après la publication d'un livre sur son expérience avec les djihadistes belges en Syrie. Ce mardi après-midi, il a déposé plainte après un contrôle d'identité selon lui très agressif, à cause de son origine arabe.

Il raconte qu'un policier, très agressif, l'a fouillé et lui a réclamé son GSM. Mais, à la police de Bruxelles, la version de l'événement est tout autre. Selon le chef de corps Guido Van Wymersch, ses hommes ont effectué leur mission, c'est-à-dire assurer la sécurité. Une voiture avait été signalée à toutes les patrouilles depuis plusieurs jours à cause du comportement suspect du conducteur qui photographiait les policiers et les militaires devant plusieurs endroits sensibles. Repéré hier en fin d'après-midi, le conducteur a refusé d'obtempérer à certaines demandes.

Des prises de photos suspectes

"Il y avait une voiture, une Mercedes, depuis laquelle on prenait en photo nos patrouilles et nos postes de sécurisation, aussi bien militaires que policiers, détaille Guido Van Wymersch. La plaque d'immatriculation a alors été diffusée en interne dans la zone, et je suis très heureux que mes collègues aient été vigilants. Ils ont remarqué la voiture, ils ont fait le contrôle qui s'imposait dans le contexte de cette menace de niveau 3. C'est comme cela que ce monsieur a été contrôlé, c'est lui qui était à bord."

Photographier des policiers ou des militaires est permis, même en niveau 3 de la menace terroriste. "Il y a assez de touristes qui pour l'instant prennent des photos des militaires et des policiers, et il n'y a aucun problème à cela, insiste le chef de corps de la police de Bruxelles. Évidemment, si vous le faites dans des situations qui sont suspectes, on pourrait suspecter que ces photos vont servir à quelque chose d'autre. Je me pose la question si ce monsieur ne devrait pas lui-même faire une auto-critique et se demander pourquoi il a pris ces photos, de cette façon-là, de façon cachée depuis une voiture. Pour autant que ce soit lui. Parce qu'on avait une voiture, et, maintenant, on a monsieur qui est relié à cette voiture."

"Il a tenté de rallier des gens contre la police"

"Pour moi, le contrôle s'est passé comme il doit se passer, c'est-à-dire de façon ferme. Quand les policiers arrêtent une voiture, le chauffeur est supposé s'arrêter; quand ils lui demandent de descendre, il doit descendre; ensuite, il sera fouillé, on va voir ce qu'il a sur lui, on va voir ce qu'il y a dans la voiture, on va voir ce qui est suspect. Et c'est sûrement pas le but, comme ça a eu lieu hier (mardi, ndlr), que le chauffeur tente d'ameuter les gens qui sont autour de lui pour se tourner contre la police."

Montasser AlDe'emeh a également dit, lors de ce contrôle, qu'il "avait des connexions à la Sûreté de l'État et au ministère de l'Intérieur, ce qui devra être contrôlé par après, mais ce qui, évidemment, est une façon de faire pression sur les policiers et n'est pas très malin dans ces situations difficiles", ajoute Guido Van Wymersch.

Ce n'est pas le moment de parler des langues que les policiers ne comprennent pas

Le chef de corps de la police de Bruxelles reconnaît que le GSM de Montasser AlDe'emeh a été saisi, question de "procédure ferme et stricte", dit-il. "Effectivement, quand il y a un GSM, on prend le numéro de série, la plaque d'identité du téléphone, pour voir si on en a besoin par après." Quant à la question de la langue, Guido Van Wymersch balaie : "Nos policiers sont supposés parler néerlandais et français, et la majorité parle également l'anglais. Donc ce n'est pas le moment, dirais-je de parler des langues que les policiers ne comprennent pas : tout le monde doit faire un petit effort."

Un procès-verbal a été dressé par la police "pour les agissements suspects de ce monsieur, mais, évidemment, en démocratie, il est également libre de déposer plainte", conclut le chef de la police.

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