Comment payer les projets du nouveau gouvernement bruxellois?

Le successeur de Guy Vanhengel au budget aura-t-il autant le sourire dans les années à venir ? En tout cas, la Région promet qu'elle va mener de nouvelles politiques
Le successeur de Guy Vanhengel au budget aura-t-il autant le sourire dans les années à venir ? En tout cas, la Région promet qu'elle va mener de nouvelles politiques - © ERIC LALMAND - BELGA

Un accord de gouvernement tout chaud, des ministres désignés et surtout des mesures plein les cartons. Alors à présent, une question est sur les lèvres de nombreux observateurs : Comment PS-Ecolo-Defi, côté francophone, et l'Open Vld-Groen et One.Brussels côté flamand, vont trouver l'argent pour mettre en oeuvre ce qu'ils viennent de promettre ?

Du nouveau, sans dépenser plus !...

Il faut d'abord distinguer deux types de mesures proposées. Il y a d'abord, les toutes nouvelles propositions, celles dont on n'avait jusqu'ici jamais -ou presque- entendu parler, et qui émergent donc après les négociations. 
Par exemple, trouver une solution pour créer 15 000 des 44 000 logements sociaux qu'il manque aujourd'hui à Bruxelles. Ou encore, créer de nouveaux revenus pour les demandeurs d'emplois en formation. Ils toucheront désormais 4 euros de l'heure contre un euro jusqu'ici.

Ces mesures, il est très difficile d'en fixer le coût à l'heure qu'il est, mais la nouvelle majorité promet déjà qu'elles ne coûteront... rien ! Comment est-ce possible direz-vous ? Et bien, la nouvelle majorité va, en fait, faire des transferts. En clair, chaque département va devoir économiser sur certaines politiques actuelles pour pouvoir financer les nouvelles. Cette orthodoxie budgétaire, elle était notamment voulue par l'Open Vld, qui gardera la gestion du budget de la Région bruxelloise via le nouveau ministre Sven Gatz. Par contre, motus et bouche couse jusqu'à présent sur quelles politiques passeront à la trappe pour laisser leur financement aux nouvelles. 

... à part pour la mobilité notamment

Ça c'est pour les toutes nouvelles mesures. Mais il y a aussi celles qui sont des confirmations d'investissements décidés précédemment.

Par exemple, en matière de mobilité, la nouvelle coalition a confirmé qu'elle allait à la fois faire une nouvelle ligne de métro vers le nord de Bruxelles ET des nouvelles lignes de trams pour satisfaire notamment ECOLO qui ne voulait que tout l’argent aille au métro.

Alors, ces mesures, ce sont en gros celles qui figurent déjà dans le plan pluriannuel défini il y a quelques semaines au niveau de la STIB, les transports en commun bruxellois. Un plan à plus de 6 milliards d'euros d'ici 2028. C'est plus que le budget annuel de la Région bruxelloise.  

Et là, il faudra bien investir

Investir, oui, mais hors budget. En clair, cela ne perturbera pas les autres dépenses prévues. Mais, puisqu'il y a tout de même un mais, pour pouvoir faire ces gros investissements, il faudra que l'Europe dise OUI. 

Ce plan fait en effet sortir la Région des trajectoires budgétaires qu'elle s'est fixée. Puisqu'un emprunt, cela engendre de la dette, et l'Europe, elle veut que la Belgique et Bruxelles réduisent leur dette. 

Alors comment avoir le Oui de l'Europe ? Eh bien, il faudra les convaincre qu'il s'agit d'investissements PRODUCTIFS. Donc, que ces nouveaux transports en commun peuvent booster le développement économique de Bruxelles. En d'autres mots, qu'il vont rapporter beaucoup d'argent à moyens terme.

Des marges réduites, mais des marges tout de même

Un peu d'optimisme tout de même. C'est un professeur de l'université de Namur qui le dit, la nouvelle majorité devrait récupérer un peu d'argent entre 2020 et 2024. "Effectivement, il y a des marges qui sont offertes par une progression des recettes d'ici 2024", affirme Henri Bogaert. Ce professeur à l'université de Namur a récemment consacré une étude aux finances de la Région bruxelloise. Il estime qu’entre 2020 et 2024 , les recettes vont croître plus vite que les dépenses à Bruxelles. De quoi dégager environ 50 millions d'euros chaque année. C'est déjà ça. A voir si cela se confirmera à l'avenir et si les politiciens bruxellois utiliseront cet éventuel bas de laine pour de nouveaux investissements. Ou alors pour soulager la dette qui se sera creusée, notamment avec le nouveau métro. 

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