Ces "télé-commandes" qui contrôlent les tunnels bruxellois

"Whaaat? C'est le bordel sur l'E40 parce qu'on 'a perdu la télécommande' du tunnel Léopold II" titrait ce mercredi matin le site newsmonkey. Énième histoire belge? Sans doute. Mais l'aspect humoristique de l'histoire provient plus de la traduction/interprétation de nos confrères laissant supposer qu'un dispositif similaire à celui utilisé pour les téléviseurs était utilisé pour gérer le tunnel Leopold II.

"Le 'On a perdu la télécommande' est en fait à comprendre comme 'perte de la possibilité de transmettre à distance un signal déclenchant l’exécution d'ordres spécifiques', en jargon technique 'on a perdu la commande à distance ou télé-commande'", a précisé Camille Thiry de Bruxelles Mobilité.

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L'écran de contrôle du tunnel Leopold II. © RTBF/Mobiris

Comment fonctionne la gestion à distance des tunnels bruxellois ?

Concrètement, tous les équipements électromécaniques dans les 26 tunnels de Bruxelles peuvent être gérés par la GTC (Gestion Technique Centralisée) ou "télégestion". Grâce à un logiciel, les opérateurs du centre de gestion de la mobilité (Mobiris) peuvent commander à distance les différentes infrastructures. Cela va des feux tricolores à la signalisation dynamique des voies en passant par les barrières, les systèmes de ventilation, ceux d'éclairage ainsi que les panneaux à messages variables.

Ces systèmes permettent également à l’opérateur de relever les différents problèmes qui pourraient surgir, notamment par le biais d'alarmes. Si un équipement dans le tunnel est défectueux, la télégestion lui signale cette défaillance. Les changements d’état des équipements sont également relayés à la GTC (Gestion Technique Centralisée): par exemple, lorsque la ventilation s’enclenche automatiquement en cas de détection d’un taux de pollution élevé, cette information est transmise au centre opératif. Idem pour les alertes incendie venant de la détection en tunnel, elles sont également transmises via la télégestion.

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Les tunnels "télécommandés" de Bruxelles © RTBF/Mobiris

Fermeture préventive en cas de souci

L’utilisation de la GTC est donc double: d’un côté, elle permet à l’opérateur de surveiller le fonctionnement des équipements en situation d’exploitation, et de l’autre, elle lui permet d’effectuer des actions et des commandes en cas d’incident (accident, incendie, etc.) avec le but d’assurer la sécurité des usagers.

Une perte de connexion, ou un autre souci avec la GTC, implique la perte de contrôle à distance sur au moins une partie du tunnel concerné. Sur la route, rien d’anormal, l’usager ne constatera rien de la panne, mais l’impact est énorme en matière de sécurité: impossibilité de sécuriser le tunnel en cas d’accident ou en cas de panne d’équipement, et pas d’alarmes incendie. Dans ce cas de figure, une équipe technique est envoyée sur place afin de maximiser la réactivité et la possibilité de rétablir au plus vite la gestion à distance. Et le tunnel est donc fermé jusqu’à résolution du problème.

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