BSF: le "8e groupe" met en scène des musiciens avec un handicap léger

Le 8e groupe
Le 8e groupe - © Julian Hills

Ce samedi soir, un groupe un peu particulier se produira sur la scène de la Madeleine dans le cadre du Brussels Summer Festival: le 8e groupe. Ce groupe formé il y a un an à peine a rapidement attiré l’attention des programmateurs de festivals. Pourtant, à la base, il s’agissait d’une simple animation musicale organisée au sein de l’ASBL le 8e jour, ASBL créée suite au célèbre film "Le 8e jour" de Jaco Van Dormael avec Daniel Auteuil et Pascal Duquenne.

"A l’origine c’était une activité que j’avais organisée dans le cadre d’un stage pour mes études d’éducateur spécialisé, explique Aurélien, membre fondateur du groupe. On prenait du plaisir à jouer ensemble et de fil en aiguille on a rencontré des gens de la maison de disque PIAS, des artistes de chez eux sont même venus assister à nos répétitions. Des gens comme Saule, Alice on the Roof ou Grandgeorge nous ont poussés à aller plus loin et PIAS nous a ensuite trouvé des dates dans des festivals."

C’est sérieux maintenant !

Le groupe se compose de deux éducateurs et de 4 personnes présentant un handicap mental léger. Le 8e Groupe compose ses propres chansons pop/rock aux sonorités diverses, en anglais et en français. "Au début, je ne m’attendais pas du tout à jouer un jour dans un festival, explique Lionel, bassiste et chanteur dans le groupe. Je ne croyais pas qu’on aurait un jour la possibilité de jouer dans des festivals professionnels avec des artistes reconnus. Lors des répétitions, parfois, Aurélien me disait : Faut que t’arrêtes de déconner ! C’est sérieux maintenant, on va jouer dans des festivals ! Je n’y croyais pas, je croyais juste qu’il me disait ça pour que je reste concentré !"

Le 8e groupe a déjà eu l’occasion de se produire sur des petites scènes, et même au festival LaSemo, le concert de ce samedi soir au BSF sera le concert le plus important de sa courte existence.

Pascal Duquenne… Je le hais !

Le projet un peu particulier de ce groupe a inévitablement accéléré les choses en termes de programmation. Et puis la présence de Pascal Duquenne dans le groupe attire aussi les organisateurs de concerts. "C’est sûr que c’est notre mascotte, explique Aurélien. Il nous apporte évidemment sa notoriété, et puis c’est quelqu’un de super ouvert et de super gentil. Il est beaucoup apprécié. Quand on est en rue avec lui, les gens nous arrêtent souvent parce qu’ils l’ont reconnu."

"Je le hais !, enchaîne Lionel juste avant d’éclater de rire. Non évidemment, je rigole, je l’aime beaucoup, mais c’est vrai que je suis un peu jaloux … Après les concerts, c’est toujours à lui qu’on demande de faire des photos, franchement, j’aimerais bien être à sa place, mais c’est un ami, je l’adore."

Un projet humanitaire

Mais la particularité du groupe ne s’arrête pas à sa composition ou à son ascension rapide. Derrière le projet musical, il y a aussi un projet humanitaire. Le groupe, via ses concerts, souhaite récolter de l’argent pour construire un site d’eco-tourisme en Ethiopie. Les mebres du groupe veulent créer cet habitat dans une région du pays qui entend développer le tourisme durable afin de venir en aide à la population locale.

"Ce projet, c’est une manière de montrer qu’un public marginalisé peut se mobiliser pour un autre public en difficulté, explique Aurélien. Parce que généralement, quand on parle de handicap, c’est souvent pour des récoltes de fonds pour venir en aide à des personnes handicapées, il y a toujours une certaine connotation d’assistanat. Ici, on veut montrer que n’importe qui peut se mobiliser pour un public en difficulté, même si on est soi-même en difficulté."

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