Bruxelles-ville: bientôt un règlement anti-mendicité ?

"l’exploitation de la mendicité à l’égard de mineurs est une infraction qui peut valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement."
"l’exploitation de la mendicité à l’égard de mineurs est une infraction qui peut valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement." - © rtbf

Plusieurs mandataires politiques affirmaient récemment avoir constaté de plus en plus de mendiants sur les grands boulevards du centre et également de plus en plus d’enfants exploités pour mendier. Ils dénoncent le laxisme de la Ville de Bruxelles et de la justice sur ce dossier. Une accusation que les deux autorités contestent.

Depuis 1993, la mendicité n'est plus un délit; mendier, en soi, est autorisé. Ce qui ne l'est pas, ce sont les comportements périphériques. Et c'est contre cela que la Ville de Bruxelles se bat affirme Karine Lalieux, bourgmestre PS faisant fonction : "Ce que l’on essaie de voir, c’est si les mendiants agissent de manière agressive, alors ils sont systématiquement interpellés par la police, et les mendiants qui exploitent les enfants, et mettent des mineurs en danger sont verbalisés pour exploitation d’êtres humains, cela concerne les réseaux de mendicité."

Une priorité pour le parquet

Suite sans doute aux dernières sorties médiatiques, deux actions de police ont été organisées ces derniers jours, une troisième aura lieu ce jeudi. Au total, une quinzaine de PV ont été dressés, et transmis au parquet de Bruxelles.

Le parquet, lui, déclare faire de la mendicité une priorité, notamment lorsque des enfants sont concernés, c’est en tous cas ce qu’affirme Gilles Dejemeppe, substitut du procureur du roi : "C’est effectivement une priorité pour nous, il faut savoir que l’exploitation de la mendicité à l’égard de mineurs est une infraction qui peut valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement."   

Encadrer la mendicité

De leur côté, les autorités de Bruxelles-Ville songent à adopter un règlement pour encadrer cette mendicité, déclare encore Karine Lalieux : "Nous y travaillons, avec les services juridiques et les services de police, mais il faut savoir que beaucoup de règlements qui ont été pris dans d’autres villes et communes ont été cassés par le Conseil d’État. On essaie de travailler sur la notion de trouble à la tranquillité publique. On travaille au plan administratif sur un règlement qui ne serait pas cassé par le Conseil d’État et parallèlement sur le plan judiciaire, au sujet des mineurs en danger, l’exploitation et la traite des êtres humains, avec saisie de l’argent récolté. Nous demandons d’ailleurs au public de ne pas donner à ces mendiants qui exploitent les enfants."

Enfin, du côté du monde associatif, on se montre très critique à l'égard des règlements anti-mendicité. Une manière, selon les associations, de criminaliser une pratique, sans véritablement s'attaquer au problème de l’extrême pauvreté.

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