Bruxelles se souviendra dimanche d'une page tragique de son histoire

José Gotovitch est historien, en 1942 âgé de 2 ans, il échappe à la rafle allemande des Marolles avec une partie de sa famille, grâce à l'aide de voisins belges.
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José Gotovitch est historien, en 1942 âgé de 2 ans, il échappe à la rafle allemande des Marolles avec une partie de sa famille, grâce à l'aide de voisins belges. - © Capture d'écran YOUTUBE

Il y a 75 ans, le 3 septembre 1942, en soirée, commençait à Bruxelles, dans le quartier des Marolles, la rafle des juifs non belges, par les nazis, quelques jours seulement après deux premières rafles à Anvers. Plusieurs centaines de personnes allaient être arrêtées au cours de l'opération.

Mais pourquoi la rafle a-t-elle eu lieu dans les Marolles ? L'historien José Gotovitch explique qu’à l’époque c'est l'un des quartiers où vivaient de nombreuses familles juives : "C’étaient des quartiers bon marché, où se concentraient toujours les immigrés, aussi parce qu’il était situé près de la gare. Tous les quartiers de gare sont des lieux de concentration, émigrée, et juive aussi. Ce n’est pas la caractéristique juive qui prime, bien qu’il y avait une petite synagogue dans la rue de Lenglentier, en pleine Marolle, qui était fréquentée, mais ce n’est malgré tout pas cela qui a attiré la population juive qu’y s’y est fixée. "

Plusieurs centaines de personnes raflées

718 personnes ont été arrêtées et déportées au cours de l'opération, précise l’historien : "Ils sont arrivés dans la soirée et ont bloqué entièrement le quartier où de nombreux juifs étaient installés, il y avait des commerces, des atelier ou simplement des habitations. La rafle va se poursuivre une bonne partie de la nuit, chaque maison est visitée, les juifs qui ne parviennent pas à se cacher ou à fuir sont pris et emportés, adultes et enfants, ils seront emmenés à Malines.".

Malines, où les Allemands ont ouvert en 1942 dans l’ancienne caserne Dossin, le camp de transit pour les juifs de Belgique, en vue de leur déportation vers les camps de la mort.

Sauvés grâce à des voisins

En 1942, José Gotovitch à 2 ans, grâce à l'aide de quelques voisins il échappe aux Allemands, ainsi que sa mère et sa sœur ainée, il raconte ce qu'il a vécu au cours de cette nuit terrible :

"Ma mère a eu le temps d’organiser notre fuite avec ses voisins belges, des épiciers et d’autres habitants de la maison. Ces derniers ont réussi  à tromper les Allemands, pendant que nous nous échappions par l’arrière, et par les toits, grâce à une petite échelle, en passant ensuite par l’épicerie du rez-de-chaussée, qui, elle, avait déjà été visitée."

Les pavés de la mémoire

 Contrairement à la rafle qui a eu lieu à Anvers les 15 et 28 du mois d’aout de la même année, les forces de police Bruxelloises n’ont pas été mises à la disposition de l’occupant pour procéder à cette rafle et l’historien précise :

"La police est bien présente sur les lieux, mais elle a un rôle totalement d’observation, des rapports sur la rafle ont été rédigés, parce qu’ils étaient présents dans la rue et qu’ils ont vu les choses, mais ils n’y ont en rien participé."

Pour rappeler ce tragique événement, une série d'activités commémoratives seront organisées ce dimanche, en présence des autorités bruxelloises. Notamment l'inauguration officielle du square "Herschel Grynszpan", du nom d'un jeune résistant juif (au coin des rues des Tanneurs, du Miroir et des Brigittines). Ainsi que de 21 nouveaux pavés de la mémoire.

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