Bruxelles présente sa contribution au PNEC, le plan national énergie-climat

Dans une précédente mouture du PNEC (Plan national Energie-Climat), la Région bruxelloise s'engageait à une réduction de 32% des émissions directes de CO2. La version présentée ce jeudi revoit les ambitions à la hausse : Bruxelles veut atteindre l'objectif d'une réduction de 40% des gaz à effets de serre par rapport à 2005 à l'horizon 2030. 

Isolation et fin des moteurs thermiques

Le secteur des bâtiments représente 60% des émissions directes de CO2 de Bruxelles. Le trafic automobile vient ensuite. Le gouvernement entend donc agir dans ces deux domaines prioritairement. La rénovation et l'isolation du bâti existant constitue le principal défi pour les prochaines années. La Région entend y faire face en fusionnant les diverses primes existantes (rénovation, isolation), en améliorant l'attractivité du prêt vert et en faisant appel au secteur privé. Le volet fiscal n'est pas négligé : le gouvernement explore la piste d'un abattement des droits d'enregistrement en cas de rénovation énergétique d'un bien immobilier. 

En matière automobile, le volet bruxellois du PNEC confirme l'intention d'interdire tous les véhicules au diesel pour 2030 et l'ensemble des véhicules à essence et au LPG pour 2035. Des interdictions allant évidemment de pair avec le développement d'un réseau de bornes de recharge pour les véhicules électriques. Sur le plan fiscal, la Région promeut une tarification kilométrique intelligente, ce qui nécessite la conclusion d'un accord de coopération avec la Flandre et la Wallonie qui paraît bien aléatoire. 

Economie circulaire et alimentation

Le plan bruxellois prévoit le développement de l'économie circulaire et régénérative, pour réduire la quantité de déchets et l'empreinte écologique. L'alimentation constitue un autre point d'attention. 15% des émissions indirectes de la Région découlent de la production, du transport et de la transformation des produits alimentaires. Le gouvernement veut mettre en place une stratégie agricole urbaine via une alliance "emploi - environnement - alimentation durable". 

Bien mais peut mieux faire pour le BRAL

Le Brusselse Raad voor Leefmilieu, association environnementaliste flamande de la capitale, se réjouit des objectifs revus à la hausse. Mais il aurait aimé des mesures plus fortes, comme l'explique son chargé de mission Lievin Chemin. "Il y a des leviers sur lesquels il faut agir de manière plus radicale ou explorer des options plus radicales comme le péage urbain ou une fiscalité automobile qui soit pensée réellement pour améliorer l'environnement et pas uniquement pour renouveler le parc automobile. Là on pourrait vraiment avancer."

Lievin Chemin aurait aussi apprécié une forme de "stop béton", même s'il admet que Bruxelles est appelée à se développer. "On peut dire aussi qu'en matière d'urbanisme il y a vraiment un problème. La région va se développer, elle est face à un défi de développement énorme. Ce qui est entre les mains de Rudi Vervoort en tant que patron de l'aménagement du territoire risque de créer beaucoup de béton. Le béton, le verre et l'acier sont les plus gros contributeurs climatiques et là on n'entend pas le gouvernement au sujet d'une certaine modération et ce qui va se passer dans les fameux PAD" (les Plans d'Aménagement Directeurs, soit les 10 sites stratégiques pour le développement territorial de Bruxelles, ndlr).

Ce plan présenté comme "très ambitieux" sera bien évidemment jugé à ses résultats.