Bruxelles: pour vivre vieux, mieux vaut naître à Woluwe qu'à Saint-Josse

Sur cette carte, on va cinq zones délimitées sur le territoire bruxellois, de la plus pauvre (en mauve) à la plus riche (en vert foncé) et qui sont loin d'être égales en matière de santé
Sur cette carte, on va cinq zones délimitées sur le territoire bruxellois, de la plus pauvre (en mauve) à la plus riche (en vert foncé) et qui sont loin d'être égales en matière de santé - © Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles

Les Bruxellois sont loin d'être égaux en matière de santé. Une nouvelle étude le prouve clairement. Pour vivre vieux, il vaut mieux habiter certains quartiers.  

Un chiffre simple pour le comprendre. Selon l'étude, si vous naissez à Woluwe-Saint-Pierre, votre espérance de vie sera de 85 ans. Alors qu'à Saint-Josse, elle est de 80 ans. Bref, on vit en moyenne 5 ans de moins à Saint-Josse.

Saint-Josse qui se trouve au milieu d'une zone qu'on appelle "le croissant pauvre", où on retrouve aussi des parties de Molenbeek et d'Anderlecht, le sud de Laeken, le bas de Saint-Gilles, une partie de Forest et de Schaerbeek.
 

Maladies plus présentes dans les quartiers moins favorisés

L'étude, qui se base notamment sur les données récoltées auprès des mutuelles et les données officielles des revenus, précise aussi que la précarité favorise une moins bonne santé. On a deux fois plus de risques de développer un diabète, par exemple, dans le croissant pauvre que dans les quartiers bruxellois les plus aisés. 

En matière de dépression aussi ou de troubles du sommeil, les risques sont accrus lorsque les revenus sont plus faibles. Et là, non seulement on est plus touché lorsqu'on est pauvre, mais on a aussi moins accès aux médicaments pour se soigner.

Enfin, dernier exemple développé dans l'étude, tous les enfants ont théoriquement droit à la gratuité des soins dentaires jusque 18 ans. Mais dans la réalité, on en profite beaucoup plus dans les quartiers riches que dans les quartiers pauvres. 

On l'a compris, les différences en matière de santé commencent dès la naissance et s'accentuent au fil de la vie entre riches et pauvres à Bruxelles. Les nouveaux ministres régionaux en charge du dossier ont promis de tenter de réduire ces écarts dans les 3 ans à venir. 

Et pour comprendre pourquoi justement on est moins bien lotis dans ces quartiers pauvres et comment on peut y faire face, regardez l'interview d'Olivier Gillis, le directeur de l'Observatoire bruxellois de la santé et du social et co-auteur de l'étude. Il était l'invité de Geoffroy Fabré à 7h45 ce mercredi matin sur VivaBxl.