Bruxelles : les jeunes coiffeurs se font des cheveux gris

Depuis le suicide, ce week-end à Liège, d’Alysson, cette jeune coiffeuse de 24 ans, nombreux sont les indépendants à être sous le choc. Comme elle, ils voient les dettes qui s’accumulent pendant que leur commerce doit rester fermé. Nous sommes allés à la rencontre de deux jeunes coiffeurs.

Sabrina n’a pas eu de chance : son salon de coiffure près de Stockel, elle l’a ouvert le 17 mars. Le lendemain, elle devait le fermer : le premier confinement commençait. Aujourd’hui, après bientôt trois semaines de confinement bis, elle fait comme bien du monde dans le secteur.

" On vit sur nos économies. Mais ça ne peut pas durer éternellement. Si on ne peut pas rouvrir après le 13 décembre, la situation va devenir très difficile…"

C’est bon pour le moral…

Dans son salon vide de la rue Vanderkindere, Christopher vise la même date : il faut rouvrir à la mi-décembre. D’abord pour le chiffre d’affaires : la période des fêtes est traditionnellement bonne pour les coiffeurs. Mais aussi parce qu’aller chez le coiffeur, c’est bon pour le moral :

" Avec les fêtes, c’est bon d’être pomponné. Même si on sait que Noël, cette année, se fera en petit comité…"

A propos de moral, comment elle fait, Sabrina, pour tenir le coup ?

"On se dit que, un jour, tout ça sera derrière nous. On sent que notre clientèle nous soutient. Ce qui nous aide à tenir, c’est l’idée qu’on rouvrira…"

Retour chez Christopher : cet été, explique-t-il, les coiffeurs ont respecté toutes les consignes de sécurité : masque, distances de sécurité, gel hydroalcoolique. Il ne comprendrait pas que les salons ne puissent pas rouvrir.

Comprendre…

Et il ne le cache pas, il peut comprendre ce qui a poussé une jeune coiffeuse liégeoise à se donner la mort :

" Quand on est un peu sensible, qu’on a investi toutes ses économies dans son rêve, son petit "bébé professionnel" et que tout se plante en quelques mois… Oui, je peux comprendre."

Dernier jour d'ouverture pour les coiffeurs: JT du 01/11/2020

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