Bruxelles: le procès des "princesses du Conrad" débutera le 11 mai

Les faits s'étaient déroulés dans cet hôtel prestigieux de Bruxelles (aujourd'hui appelé Steigenberger)
Les faits s'étaient déroulés dans cet hôtel prestigieux de Bruxelles (aujourd'hui appelé Steigenberger) - © HERWIG VERGULT - BELGA

Le procès des "princesses du Conrad" débutera le 11 mai prochain à 9h00 devant la 59e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles, pour trois jours de débats. Une princesse des Emirats arabes unis et sept de ses filles sont prévenues pour avoir maltraité une vingtaine de femmes qu'elles employaient, en 2008, alors qu'elles séjournaient à l'hôtel Conrad (aujourd'hui Steigenberger) à Bruxelles.

Le procès des "princesses du Conrad" aura donc finalement bien lieu, après deux recours en cassation que celles-ci avaient entrepris. La princesse arabe Sheikha Hamda Alnehayan, veuve du cheikh d'Abu Dhabi, et sept de ses filles seront jugées 9 ans après les faits.

Un procès pour exploitation d'une vingtaine d'êtres humains

Elles devront répondre de traite des êtres humains, traitements inhumains et dégradants et séquestration, des faits commis dans le luxueux hôtel Conrad à Bruxelles, en 2008.

La police avait constaté que cette famille princière des Emirats arabes, qui louait tout un étage de cet hôtel, y exploitait une vingtaine de femmes de différentes nationalités. Celles-ci y séjournaient dans des conditions proches de l'esclavage.

Selon l'enquête, elles se trouvaient là sans permis de travail et sans permis de séjour, travaillaient jour et nuit pour un salaire de misère, dormaient à même le sol et n'avaient pas le droit de quitter l'étage.

Un procès maintes fois reporté

En 2012, la chambre des mises en accusation de Bruxelles avait renvoyé les huit princesses en correctionnelle. Mais la cour de cassation avait ensuite cassé cet arrêt. En cause, la visite domiciliaire effectuée à l'hôtel par la police au moment des faits n'était pas valide.

En 2014, la chambre des mises en accusation avait à nouveau décidé de renvoyer l'affaire en correctionnelle. La défense avait, une fois encore, introduit un pourvoi en cassation. Mais en 2015, la cour de cassation avait cette fois rejeté le pourvoi, renvoyant définitivement les inculpées en correctionnelle.

Le Centre fédéral Migration (Myria) est partie civile dans cette affaire qui avait fortement ému l'opinion publique.

A la défense, Me Adrien Masset représentera les prévenues qui contestent toutes les préventions.

Enfin, du côté du ministère public, c'est l'auditorat du travail qui requerra. Il sera représenté par l'auditeur Henri Funck.

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