Bruxelles: le logement social attire désormais les investisseurs... privés !

Pour faire connaitre leur action, les AIS bruxelloises ont installé un "mini-logement" ouvert ce mercredi en plein milieu de la place Rogier. La structure sera aussi présente samedi et dimanche au Bois de la Cambre
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Pour faire connaitre leur action, les AIS bruxelloises ont installé un "mini-logement" ouvert ce mercredi en plein milieu de la place Rogier. La structure sera aussi présente samedi et dimanche au Bois de la Cambre - © B. Schmitz - RTBF

On appelle cela les Agences Immobilière Sociales (AIS). Des sociétés qui louent des logements moins chers à des personnes précarisées, logements qui lui sont confiés par des propriétaires privés. À Bruxelles, la formule a 20 ans à Bruxelles et elle est en plein boum ! Les 23 AIS gèrent aujourd'hui près de 5000 unités. 300 nouveaux biens leur sont confiés chaque année. Un succès qui s'explique parce que tout le monde y trouverait son compte.

Par exemple à Ixelles. Nous sommes dans un des quartiers les plus prisés de la commune, à deux pas de la place Flagey, de l'abbaye de la Cambre et de l'Université. Une rue très calme, à peine une voiture qui passe de temps en temps. Et sur place, un immeuble récemment rénové à l'intérieur. "C'était un immeuble de bureau il y a encore une dizaine d'années, mais comme je n'arrivais pas à le relouer en bureaux, j'ai décidé de le transformer en logements", explique Francis de Laveleye, le propriétaire. "Aujourd'hui, il compte sept petites unités individuelles et deux appartements : un loft une chambre avec une très jolie vue et un appartement deux chambres avec jardin".

Le choix de gagner moins

Bref, un revenu locatif potentiel de plusieurs milliers d'euros chaque mois dans le privé. Pourtant, au moment de transformer l'immeuble, Francis de Laveleye a choisi de toucher entre 20 et 40% de revenus en moins en le confiant à une AIS. "Mais en même temps, j'ai la garantie de toucher mes loyers tous les mois, quoi qu'il arrive. Je ne m'occupe de rien dans la gestion et j'ai reçu des primes très importantes pour les travaux".

Les primes à la rénovation sont en effet largement augmentées pour les proprios qui choisissent le système. Nathalie Casteleyn, de la fédération bruxelloise des AIS, confirme : "en moyenne, les propriétaire financent de 20 à 25% du montant total des travaux sous forme de primes". 

Quatre locataire sur cinq sont sans emploi

Confier son bien à une AIS serait désormais rentable au point que de plus en plus de promoteurs privés rénovent ou construisent des complexes d’appartements pour les confier directement aux AIS, malgré le loyer moindre reçu. Selon Nathalie Casteleyn, une dizaine de projets de ce type sont en cours à Bruxelles, "parce qu'il y a aussi le taux de réduction de TVA de 21 à 12% si on choisit de confier ses biens en location de longue durée via une AIS".

Enfin, dernier avantage, pour les locataires précarisés. 80% des locataires aux sein des AIS n'ont pas d'emploi, donc pas de fiches de paie. Et sur le marché privé, ils se voient souvent uniquement proposés des biens limite insalubres à des prix parfois très élevés.

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