Bruxelles: la réserve fédérale d'intervention sera doublée dès jeudi, déclare Jambon aux bourgmestres

Jan Jambon rencontre les différentes autorités bruxelloises.
Jan Jambon rencontre les différentes autorités bruxelloises. - © RTBF

Le nombre d'agents de la réserve fédérale d'intervention sera doublé dès jeudi à Bruxelles, ont convenu les bourgmestres bruxellois et le ministre de l'Intérieur Jan Jambon mercredi. L'Ocam, l'organe de coordination pour l'analyse de la menace, donnera aussi davantage d'informations aux bourgmestres et chefs de corps des polices locales.

Jan Jambon a été reçu mercredi pendant un peu plus d’une heure par les bourgmestres des 19 communes bruxelloises à l'Hôtel de Ville de Bruxelles, à la suite des attentats à Paris vendredi dernier, afin d'entendre leurs recommandations et besoins, notamment en termes de moyens policiers.

Le ministre et les bourgmestres ont convenu que la réserve d'intervention de la police fédérale serait ainsi doublée à Bruxelles dès jeudi, passant de 20 à 40 agents durant la journée et de 15 à 30 la nuit. Cette réserve est généralement déployée lors d'évènements inopinés.

"On est tous dans le même bateau" (Jambon)

Jan Jambon s'est également engagé à répondre à certaines demandes, telles qu'un meilleur échange d'informations entre le fédéral et les autorités locales. Les bourgmestres souhaitent aussi que l'Ocam communique plus rapidement et plus clairement aux chefs de corps des polices locales.

Les bourgmestres ont aussi précisé au ministre de l'Intérieur que le nombre d'habitants dans les communes de Bruxelles était plus élevé que celui des personnes effectivement inscrites au registre de la population, a précisé Vincent De Wolf (MR), bourgmestre d'Etterbeek. "C'est aussi une information importante" pour comprendre la situation.

A l’issue de la réunion, le ministre de l’Intérieur a ainsi commenté : "Le fédéral, les pouvoirs locaux et régionaux… nous sommes tous dans le même bateau."

Une promesse un peu dérisoire, compte-tenu des besoins...

Les promesses obtenues ne satisfont pas totalement les autorités policières. Pour Johan De Becker, chef de la zone de police Bruxelles-Ouest, l’annonce de nouveaux renforts est une bonne chose mais leur nombre semble insuffisant. "Notre zone de police est confrontée à un déficit de 125 policiers, 125 agents qui manquent cruellement au niveau de la police de quartier mais également dans les cellules spécialisées, comme celle qui s’occupe du radicalisme par exemple."

Alors ce manque de moyens a-il empêché que ne s’exerce une surveillance suffisante autour des frères Abdeslam? impossible de l'affirmer à ce stade mais Johan de Becker constate simplement qu'il manque vingt policiers de quartier à Molenbeek-Saint-Jean et que la cellule "radicalisme" mériterait d'être étoffée. Un exemple, précise-t-il, "si on découvre qu'un jeune de vingt-cinq ans, qui n'a jamais travaillé, possède deux maisons et une voiture de prestige, il faut permettre à la police locale de creuser, de vérifier des pistes, et pour cela, il faut des moyens" . Or à Bruxelles, nous manquons cruellement de moyens!".

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