Bruxelles: jusqu'à un an de retard pour le "Plan Taxi"

Le "Plan Taxi", la législation bruxelloise qui encadre le transport rémunéré de personnes, pourrait bien prendre un an de retard. Ce texte très attendu doit mettre fin à la guerre qui oppose les taxis et les services issus de l'économie collaborative, comme Uber.

Le texte devait être adopté par le gouvernement bruxellois fin décembre 2015, mais de reports en reports, l'objectif est maintenant d'aboutir pour fin 2016. Or, les acteurs du secteur s'impatientent.

Uber existe encore : 300 chauffeurs roulent à Bruxelles

Il suffit de lancer l'application sur un smartphone pour les voir : des petites voitures se déplacent sur une carte virtuelle. Un clic, et la voiture est commandée. Souvenez-vous, mars 2014. UberPop mettait en relation des chauffeurs au volant de leur voiture personnelle, et des clients qui cherchaient à se faire conduire. Fin septembre 2015, le Tribunal de Commerce de Bruxelles jugeait ce service illégal.

UberX est né dans la foulée. L'application s'est glissée dans un cadre réglementaire existant : celui des VTC, les voitures de transport avec chauffeurs. UberX est simplement un service de limousines accessible via smartphone. De 800 à 1000 l'an dernier, le nombre de chauffeurs a chuté à 300, aujourd'hui. D'après la société Uber, l'application compte 30 000 utilisateurs actifs, et la course, au tarif de base, coûte 25% moins cher qu'un taxi.

Et justement, pour les taximen, ces limousines font toujours office de taxis. Michael Marocco, Business Developer des Taxis Bleus s'emporte : "(Les limousines), c'est un secteur tout à fait différent du taxi, qui a aussi ses propres règles et qu'ils (ndlr, Uber) ne respectent pas. Alors que ces règles ont été mises en place pour que les taxis et les limousines ne se concurrencent pas".

Blocage politique

Alors comment éteindre le conflit ? Réponse politique : en adoptant un cadre législatif clair. C'est (notamment) pour cette raison que le "Plan taxi" inclut un volet sur l'intégration de l'économie dite collaborative dans la réglementation sur le transport rémunéré de personnes. Une première version du plan a été adoptée par le gouvernement bruxellois en février 2015. Une note rédigée par le cabinet du ministre de la Mobilité Pascal Smet et qui reflète sa position sur le dossier. Depuis... pas de nouvelles. De reports en reports, les texte n'est toujours pas définitivement adopté.

Qu'est-ce qui coince ? Les détails, nous dit-on... La mise en œuvre d'un texte qui, il est vrai, a pour ambition d'intégrer l'économie collaborative dans un modèle - celui des taxis - extrêmement réglementé. Et c'est peut-être justement parce ce que texte se frotte à ces nouvelles réalités qui traversent l'économie, qu'il y a aujourd'hui un blocage (de toute évidence) politique. D'après certains, les freins viendraient du PS, et même de visions divergentes au sein du Parti socialiste.

Toujours est-il que de toutes parts (taxis, Uber, opposition), on attend... et on s'impatiente.

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