Bruxelles: des taxis verts de colère ?

Bruxelles: des taxis verts de colère
Bruxelles: des taxis verts de colère - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

Les taximen bruxellois sont-ils en train d‘étouffer ? Le deuxième confinement, avec la fermeture de l’Horeca, l’annulation de la plupart des grands événements et le couvre-feu, entraîne une chute du chiffre d’affaires du secteur de l’ordre de 70%. Ce sont en tout cas les chiffres avancés par United Freelancers, le syndicat des taximen indépendants, créé par la CSC, et le Collectif des Travailleurs du Taxi (CTT). Or, alors que les revenus sont en berne, les frais, eux, restent parfois inchangés. Et les " petits " taximen, ceux qui n’exploitent qu’une voiture, risquent de se voir poussés dans le fossé. 

Une société de taxis sans taxis

En cause : le terminal, installé dans leurs taxis, qui leur apporte courses et clientèle. Différentes sociétés se partagent le marché bruxellois, mais le principe est généralement le même : ces sociétés, qui ne possèdent pas elles-mêmes de taxis, gèrent une centrale d’appel. Le client les appelle et elles attribuent la course au véhicule disponible plus proche. Ce service a un coût : c’est le " loyer " que le chauffeur paie pour disposer, dans sa voiture, de ce terminal. Pour les Taxis Verts, ce loyer varie entre 300 et 540 euros par mois.

En mars, pendant le premier confinement, un accord avait pu être trouvé entre la centrale et les taximen. Ceux qui arrêtaient temporairement ne devaient plus payer de loyer. Avantage de la mesure : moins de frais pour ceux qui arrêtent et (un peu plus) de clientèle pour ceux qui continuent.

Mais, aujourd’hui, les syndicats affirment que la centrale ne veut pas renouveler cet accord. Un refus que Michaël Zylberberg, représentant le CTT, explique d’une façon imagée : " C’est comme le saut en parachute : la première fois, on ne sait pas à quoi s’attendre. " En clair : les pertes subies lors du premier confinement auraient convaincu la centrale de ne pas renouveler l’expérience. Il annonce donc, en commun avec United Freelancers et la CSC Transcom, une manifestation, ce mardi, à 10 heures, devant le siège de la société.

Du côté des Taxis Verts, le son de cloche est différent et on ne cache pas sa surprise et son incompréhension : "Dès le début de la crise, nous nous sommes montrés solidaires, explique Jean-Michel Courtois, un des administrateurs de la société. Nous avons autorisé, et autorisons encore, les chauffeurs qui le désirent à suspendre leur abonnement. La plupart d'entre eux l'ont fait." Il n'hésite pas à parler de "désinformation" et à mettre un lien avec les élections sociales qui viennent de commencer. A la question de savoir s'il va recevoir les manifestants ce mardi, Courtois répond : "On verra bien qui va venir."

Des chiffres

Reste que cette question du loyer à payer à la centrale n’est probablement que la partie visible de l’iceberg. Car, si les taximen ont obtenu, au printemps, un report des charges ONSS et de différents payements, le moratoire touche à sa fin. Comme l’explique Sam Bouchal, porte-parole de la Fédération Bruxelloise des Taxis, qui exploite sept voitures : " Les banques nous avaient accordé un report du remboursement des leasings. Mais les payements automatiques ont repris depuis octobre. Or, après 8 mois d’arrêt de travail, je ne sais pas comment je vais payer." On n'a pas encore fini d'entendre des chauffeurs de taxi en colère...

Report des crédits : nouvelle période de turbulence (JT 11/11/2020)

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