Bruxelles: 200 avocats rassemblés Place Poelaert pour dénoncer le "désastre carcéral"

"Le désastre carcéral c’est qu’il y a une augmentation énorme du nombre de détenus, alors qu’il n’y a pas la même augmentation de la criminalité"
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"Le désastre carcéral c’est qu’il y a une augmentation énorme du nombre de détenus, alors qu’il n’y a pas la même augmentation de la criminalité" - © Tous droits réservés

On avait entendu les plaintes des gardiens, celle des magistrats. Désormais, ce sont aussi les avocats qui montent au créneau contre le fonctionnement de la justice et des prisons chez nous. Près de 200 d'entre eux se sont rassemblés Place Poelaert.

Alors que la grève des gardiens de prison se poursuit, plusieurs associations comme Le Syndicat des Avocats pour la Démocratie ou La Ligue des Droits de l'Homme, Bruxelles Laïque ou encore l'association d'avocats Progress Lawyers Network, en appellent à un rassemblement ce vendredi midi devant le Palais de Justice de Bruxelles. Un rassemblement contre ce qu'elles qualifient de "désastre carcéral".

Qu'est-ce que cela sous-entend ? "Il faut absolument réfléchir à trouver d’autres sanctions ou une autre réaction à la criminalité que l’incarcération, déclare Joke Callewaert, avocate au sein de l'association Progress Lawyers Network. On estime qu’il y a beaucoup trop de gens qui sont incarcérés. On estime que la détention doit être vraiment l’ultime remède, à savoir quand il y a vraiment un danger pour la société."

"Le désastre carcéral, poursuit-elle, c’est qu’il y a une augmentation énorme du nombre de détenus, alors qu’il n’y a pas la même augmentation de la criminalité. Deuxièmement, il y a vraiment un désastre pour les conditions dans lesquelles ces détenus se trouvent maintenant en prison (…) Quand je dis qu’on ne travaille quasiment pas avec ces jeunes, ou ces moins jeunes, il n’y a vraiment pas de travail qui est fait avec quelqu’un qui rentre en prison et donc ça c’est vraiment un désastre."

Réserver la prison aux crimes graves

"La loi pénitentiaire de 2005, qui considère le détenu comme sujet de droits, n'est toujours pas appliquée", a dénoncé  à son tour Juliette Béghin, déléguée socio-politique à Bruxelles laïque. Alexis Deswaef, le président de la Ligue des droits de l'homme, a ensuite rappelé que celle-ci avait déposé la semaine passée une plainte pénale contre le Premier ministre et le ministre de la Justice pour traitement inhumain et non-assistance à personnes en danger afin de dénoncer l'inaction du gouvernement face au désastre carcéral. "Ce n'est pas en libérant 4 millions pour redorer l'image de la Belgique que le Premier ministre va solutionner les problèmes", a déclaré M. Deswaef. "Il ferait mieux de s'atteler à les résoudre et l'image suivra. Il ne faut pas s'occuper de la façade, mais du fond. Le code pénal est sur le métier actuellement. D'éminents spécialistes comme Damien Vandermeersch, avocat général à la Cour de cassation, y travaillent." Les manifestants estiment qu'il faut en priorité désincarcérer les internés en psychiatrie ainsi que les toxicomanes. L'emprisonnement devrait être réservé aux crimes graves et aux personnes dangereuses. Ils appellent à un véritablement accompagnement et encadrement des délinquants et criminels.

 

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