Bruxelles: après 50 ans de silence le grand orgue du Palais des Beaux-Arts va à nouveau résonner

 
L’orgue du Palais des beaux-arts, resté muet depuis près de 50 ans, a été entièrement restauré et s'apprête à jouer à nouveau.
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L’orgue du Palais des beaux-arts, resté muet depuis près de 50 ans, a été entièrement restauré et s'apprête à jouer à nouveau. - © Denis Erroyaux

L’orgue du Palais des Beaux-Arts, qui se trouve dans la grande salle de concert Henry Leboeuf est resté muet depuis près de 50 ans, suite à un incendie qui l’a détruit. Aujourd’hui le prestigieux instrument a été reconstruit, et il s'apprête à résonner à nouveau lors d'un concert au mois de septembre. Pour nous faire découvrir cet instrument, qui de plus indiqué que le musicien qui signe la composition du concerto d'inauguration ?

Benoit Mernier est compositeur et organiste, devant la scène du palais des Beaux-Arts il nous présente le nouvel instrument, remarquable à plus d’un titre :

"C’est un instrument remarquable rien que parce qu’il se situe dans une salle, et pas dans une église . C’est le deuxième instrument dans ce cas en état de fonctionnement en Belgique, avec celui de la salle philharmonique de Liège "

Remarquable, il l’est aussi par son histoire et par son concepteur, ajoute le compositeur :

"Cet orgue s’intègre dans un ensemble signé par le plus grand architecte belge, Victor Horta, et il s’intègre aussi de manière sonore à la salle, on a l’impression d’être complétement entouré par le son, c’est formidable."

A l’intérieur de l’orgue

Un orgue, c'est une grande machine qui peut paraître très compliquée. Ce n'est pas comme un piano, on ne peut pas s'asseoir et simplement commencer à jouer.

Suivons Benoit Mernier sur la scène, derrière le buffet de l'Orgue, dans les " entrailles" de l'instrument et ses près de 4.000 tuyaux:

" Il y a plusieurs étages, des échelles, c’est peu profond, tout est en hauteur, les tuyaux que l’on voit dans la salle constituent une infime partie des tuyaux qui constituent l’ensemble de l’instrument ".

Et puis, il y a l’aspect technique, qui permet au ventilateur d’envoyer de l’air dans de grands réservoirs, qui sont en quelque sorte les poumons de l’instrument, afin de le faire sonner :

"Un orgue est constitué de plusieurs claviers, chaque clavier commande une partie dans l’instrument, c’est très spatialisé, comme un orchestre qui produit des sons différents grâce à des instruments différents et que l’on peut faire jouer séparément ou ensemble. Dans l’orgue toute les combinaisons sont possibles", explique l’organiste.

Derrière le clavier

Principal, picollo, hautbois, bombarde ou encore voix célestes, sont autant de "registres" ou de sons disponibles. Nous sommes à présent derrière les claviers, toujours en compagnie de Benoit Mernier, et nous découvrons la multitude de possibilités qu'offre l'instrument :

"Pour avoir un son sur un des claviers, il faut tirer ce qu’on appelle un jeu et cela va faire sonner une série de tuyaux. La pédale elle, sert à jouer les sons graves, l’orgue permet un jeu très dynamique, on peut passer d’un extrême à l’autre au niveau de la force, on peut véritablement faire tous les mélanges que l'on veut."

Une très longue restauration

L’orgue de Bozar a une longue histoire, il a été conçu en 1930, à l'occasion du centième anniversaire de la Belgique.

En 1967, un incendie le réduisait au silence et ce n'est qu'en 1988, sous l'impulsion de Bernard Foccroulle, lui-même organiste, qu'on a décidé de le rénover.

Dès lors l’instrument a connu une restauration longue et compliquée, émaillée d’épisodes malheureux comme des dégâts des eaux qui ont retardé le projet, raconte notre guide :

"C’est grâce à patience, la témérité et l’audace de la direction du palais des beaux-arts et des mécènes, que ce projet un peu fou a pu être mené à bien."

Pour le compositeur c’est enthousiasmant de savoir que l’on pourra bientôt rejouer le répertoire avec un grand orchestre :

"On va enfin pouvoir jouer des pièces où l’orgue est véritablement soliste et pas simplement intégré au même titre que les autres instruments"

Un instrument moderne, tourné vers l'avenir

Instrument acoustique au départ, l’orgue et ses quelques 4000 tuyaux va se voir enrichi d’une partie électronique, un quatrième clavier va être doté de capteurs et des micros vont être rajoutés à l’instrument pour lui permettre de créer des sons semblables à ceux de la musique électronique.

"Depuis le début l’idée électronique était intégrée au projet, et c’est surtout sous l’influence et les idées de Bernard Foccroulle, que cette partie a été conçue et décidée, il fallait bien sûr un instrument dans la tradition, mais aussi un instrument ouvert sur ce qui se fait aujourd’hui et sur ce qui se fera demain. " conclu Benoit Mernier.

Les notes de l'orgue restauré résonneront à nouveau lors du festival InORGuration qui se déroulera du 15 au 22 septembre, un événement qui marquera d'ailleurs l'ouverture de la saison musicale à Bozar.

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