Brexit : quel impact sur les entreprises bruxelloises ?

L'entreprise Pegi, implantée à Berchem-Sainte-Agathe, envoie chaque année la moitié de sa production au Royaume-Uni.
L'entreprise Pegi, implantée à Berchem-Sainte-Agathe, envoie chaque année la moitié de sa production au Royaume-Uni. - © Tous droits réservés

Le nouvel accord commercial post-brexit, signé in extremis en décembre 2020 et qui organise la coopération entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, est entré vigueur le 1er janvier 2021. Mais quels changements cela a-t-il engendrés pour les entreprises bruxelloises ?

Un élément de réponse avec l’entreprise Pegi. Implantée à Berchem-Sainte-Agathe, la maison Pegi envoie chaque année 18 millions de gaufres au Royaume-Uni, soit la moitié de sa production. Pour Fabrizio Colabufalo, responsable des exportations, la signature de l’accord a été un grand soulagement :

On s’attendait au pire, jusqu’à la dernière minute rien n’était clair et pour finir rien n’a énormément changé".

L’accord ne prévoit pas de droit de douane pour les marchandises entrant au Royaume-Uni. Les gaufres ne coûteront donc pas plus chers, par contre il y a bien de nouvelles procédures administratives : "C’est un peu plus compliqué et cela nous demandera un peu plus de travail", explique Fabrizio Colabufalo, "mais pour le moment ce n’est pas un problème puisque nous tournons de toute façon au ralenti".

Les petites entreprises plus touchées

Des difficultés administratives que constate aussi Isabelle Grippa, la directrice de Hub.brussels, l’agence régionale de soutien aux entreprises.

"Les barrières administratives touchent particulièrement les petites entreprises qui doivent répondre à de nouvelles obligations, par exemple justifier l’origine européenne de leurs produits, ou pour les indépendants, l’obligation de justifier de leur qualification professionnelle. " Pour rappel, le Royaume-Uni est le sixième client de l’économie bruxelloise

Bruxelles est surtout une économie de services

Moins de 15 jours après l’entrée en vigueur de l’accord sur le Brexit, il est toutefois difficile d’évaluer précisément son impact sur les PME, d’autant que la crise sanitaire actuelle provoque aussi une chute des échanges commerciaux. Mais selon Isabelle Grippa, l’économie bruxelloise devrait être globalement épargnée. "Il s’agit à 83% d’une économie de services (Banques, cabinets d’avocats ou d’architecture… ) beaucoup moins impactée par les termes de l’accord".

Une soixantaine de sociétés britanniques se sont implantées à Bruxelles

C’est un peu l’autre face du Brexit à Bruxelles. Ces deux dernières années, plusieurs dizaines d’entreprises basées à Londres, ont déménagé en tout ou (surtout) en partie, leurs activités à Bruxelles. Alors sans surprise, à la Région bruxelloise, on se réjouit de ces arrivées. La capitale de l’Europe a su jouer de ses atouts et montrer son attractivité. Mais à l’Université Saint-Louis, le professeur de Finances, Alexandre Girard nuance cet enthousiasme. Les grands gagnants de la relocalisation sont surtout Paris et Francfort ainsi que les Pays-Bas. Et de toute façon les retombées, en termes d’emploi par exemple, restent jusqu’ici marginales.

Seulement quelques centaines d’emplois créées

Se basant sur une enquête de la société d’audit Ernst & Young, Alexandre Girard avance même quelques chiffres : Sur les 450.000 emplois dans les services financiers à Londres, seuls 2% ont été transférés sur le continent, dont 7000 au moins, rien qu’à Paris ou Francfort. Et le solde, moins de 1000, a été dispersé dans les autres pays européens. Cela fait donc très peu d’emplois créés à Bruxelles mais il nuance, "en déplaçant les sièges sociaux, les investissements risquent d’évoluer et c’est peut-être là que la Belgique peut tirer son épingle du jeu."

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