Belgian Pride à Bruxelles: un week-end aux couleurs arc-en-ciel

Photo prise lors de la Pride 2015
Photo prise lors de la Pride 2015 - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Du jaune, du vert, du rouge, du bleu, et d'autres: les couleurs de l’arc-en-ciel habillent Bruxelles. Ce samedi 20 mai a lieu la 22ème édition de la Belgian Pride de Bruxelles. Ce grand défilé annuel, festif et folklorique pour les droits des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) et de ceux qui soutiennent leurs revendications.

Cette année, l'événement a pour thème "crossing borders", il veut attirer l'attention sur le sort des homosexuels, bisexuels, transgenres,...obligés d'émigrer pour être en sécurité. Leurs histoires sont souvent difficiles. Celle de Raïssa, par exemple, Malienne arrivée en Belgique à 30 ans. Elle a dû quitter Bamako parce qu'elle a failli y être tuée. Née dans un corps d'homme, elle s'est toujours sentie femme.

On m'interdisait d'être moi-même

Raïssa Coulibaly le sent depuis toute petite : elle est née fille dans un corps de garçon. Dans sa famille de Bamako, sa féminité est vue comme une déviance honteuse, potentiellement contagieuse, à contenir et à corriger : "D’un côté on m’interdisait d’être moi-même, surtout d’être avec mes amies filles et d’un autre, je ne pouvais pas être avec les garçons parce qu’ils ne me voyaient pas du tout comme étant un des leurs. Même d’ailleurs, j’ai été fréquemment violée par certaines personnes pendant mon enfance... Finalement je me suis renfermée sur moi-même."

Un jour, quelqu'un a fait savoir, dans son voisinage, qu'elle était transgenre et une vingtaine de jeunes se sont rassemblés pour la lyncher. Lâchée par sa famille, pas protégée par la police, elle s'est envolée pour Bruxelles dont elle avait entendu parler sur internet, par les publications d'associations de terrain.

Dans quel rang faire la file, à l'atterrissage?

Mais comment s’y présenter à l'Office des étrangers ? "A l’Office des étrangers, on ne mélange pas les femmes et les hommes. Donc les demandeuses d’asiles ont leurs rangs à part, de même que les hommes ont leurs rangs à part. Donc moi quand je suis arrivée... j'ai ressenti comme un poids: dans quels rangs devais-je me mettre ?"

Elle fit la file avec les femmes et montra ses papiers d'identité sur lesquels figurait la mention "M": cartes sur table, malgré le silence maintenu toute sa vie au Mali. Cette clarté lors de sa demande d'asile lui évitera d'être hébergée dans une chambre d'hommes en centre Fedasil, exposée à de possibles nouvelles agressions et humiliations : "J’avais peur de revivre la même chose que ce que j’avais vécu."

Après un an et demi en Belgique, Raissa est encore en pleine bataille : administrative pour son changement de genre. Sociale, pour faire sa place et rencontrer des personnes de confiance : elle est à l'abri ici de persécutions mais pas de possible discriminations, à la fois africaine et transgenre.

Un cortège bigarré

Si le thème du cortège cette année est la migration, d'autres revendications et profils figureront dans le cortège. Un cortège qui alliera donc réflexion de société/politique et esprit de fête haut en couleurs. Il partira samedi à 12h du Mont des Arts à Bruxelles, avec plus de 60 délégations représentées.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir