Anderlecht: La maman qui a agressé une éducatrice à l'école doit-elle recevoir une peine "exemplaire" ?

L'Institut des Arts et métiers, près de la Porte d'Anderlecht, à Anderlecht
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L'Institut des Arts et métiers, près de la Porte d'Anderlecht, à Anderlecht - © Google Street view

C’est une histoire qui a fait pas mal de bruit au moment de la rentrée scolaire. Le 3 septembre, une maman vient réinscrire sa fille dans l'école secondaire des arts et métiers à Anderlecht. Une inscription que les responsables refusent parce que la fille a eu de gros soucis de violence à la fin de l’année scolaire précédente. 

La mère s’énerve alors et se jette sur une éducatrice. Elle l’insulte, la roue de coups, avant de lui déchirer des vêtements. Il faudra trois hommes pour arrive à maîtriser la maman. Quant à l'éducatrice, elle a été traumatisée et est en arrêt maladie au moins encore jusqu'au 8 novembre.  

L’affaire a fait aujourd’hui l’objet de ce qu’on appelle une comparution accélérée devant le tribunal. Une manière d'agir qui permet, lorsque la peine maximale potentielle est de 10 ans de prison et que les faits sont avérés de manière évidente, de réduire le temps d'enquête judiciaire et d'avoir un procès rapide. L'audience a donc eu lieu ce jeudi au tribunal correctionnel de Bruxelles, soit un gros mois à peine après les événements. 

Deux camps et deux visions de la peine requise

Devant la juge, autant la mère agressive, que la victime reconnaissent que "les faits sont inacceptables", "qu'ils n'auraient pas dû se produire" et "qu'ils doivent être punis". Mais à côté de cela, les peines réclamées sont évidemment bien différentes. 

Dans le camp de la maman, l'avocat Philip Klemm évoque l'acte d'une personne vulnérable, sans casier judiciaire et qui se bat pour élever seule deux adolescents. Selon lui, les faits sont aussi la conséquences d'une accumulation de frustration qui est sortie d'un seul coup, malheureusement à l'encontre de cette éducatrice. "On a affaire ici à une mère de famille qui regrette ce qui s'est passé, qui est la première d'ailleurs à ne pas pouvoir se l'expliquer. Voir une personne comme ça en prison, alors qu'elle ne constitue aucun danger et qu'elle n'aspire qu'à réparer l'erreur qu'elle a pu commettre, ce ne serait une bonne administration de la justice".    

L’avocat demande donc une peine de travail pour sa cliente, assortie éventuellement de l'obligation d'avoir un suivi psychologique. Et cela, afin de ne pas hypothéquer l’avenir de toute une famille. 

Faire de ce cas un exemple ?

Dans l'autre camp, par contre, on veut que cette affaire serve d'exemple, en montrant bien que l'école doit rester un sanctuaire épargné par la violence. "C'est une affaire extrêmement grave", précise Marc Uyttendaele, l'avocat des parties civiles, soit la victime et la ville de Bruxelles qui est le pouvoir organisateur de l'école. "Ma cliente est là pour tendre la main, pour aider des élèves déjà en difficultés, dans une école pas toujours facile, pour tenter de leur permettre d'avoir des atouts dans la vie. Et se retrouver lyncher, au sens physique du terme, c'est effroyable". 

Des arguments suivis par le parquet qui a réclamé 18 mois de prison, 7.500 euros de dommages à verser à la victime et 5.000 à l'école. Quelle vision l'emportera ? Le jugement sera rendu le 7 novembre. 

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